Vaud: Au large de Vevey, le Léman reste un «vrai dépotoir»

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VaudAu large de Vevey, le Léman reste un «vrai dépotoir»

Des vestiges de produits hygiéniques flottent dans les eaux de la Riviera. Les autorités s’expliquent.

par
Lauren von Beust
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Ces temps-ci, on y trouve des produits hygiéniques à profusion aux abords de la place du Marché, à Vevey.

Ces temps-ci, on y trouve des produits hygiéniques à profusion aux abords de la place du Marché, à Vevey.

20minutes/François Melillo
Ces temps-ci, on y trouve des produits hygiéniques à profusion aux abords de la place du Marché à Vevey.

Ces temps-ci, on y trouve des produits hygiéniques à profusion aux abords de la place du Marché à Vevey.

20minutes/François Melillo
Ces temps-ci, on y trouve des produits hygiéniques à profusion aux abords de la place du Marché à Vevey.

Ces temps-ci, on y trouve des produits hygiéniques à profusion aux abords de la place du Marché à Vevey.

20minutes/François Melillo

Entre bouteilles, mégots et emballages plastiques, le fond du Léman, à la hauteur de Vevey, avait été qualifié de «dépotoir», en 2020, par un Aiglon qui consacre son temps libre au nettoyage du lac. Deux ans plus tard, à en croire des plongeurs, les abords de la place du Marché seraient même l’endroit le plus sale de toute la côte entre Villeneuve et Morges (VD). Ces temps-ci, on y trouve des produits hygiéniques à profusion.

La faute au mauvais temps?

L’Association pour la sauvegarde du Léman (ASL) a une explication: «Un déchet jeté dans les toilettes peut échapper à la station d’épuration. Lors de gros orages, celle-ci peut être surchargée et ne plus avoir la capacité de traiter tout le débit des eaux usées. L’eau est alors stockée provisoirement dans des réservoirs. Si la crue est trop importante, ceux-ci débordent et la surcharge finit dans le lac.»

De son côté, la Direction générale de l’environnement (DGE) rappelle que «ces systèmes de déversoirs existent dans tous les réseaux d’évacuation des eaux usées de Suisse».

Le fonctionnement d’une station d’épuration.

Le fonctionnement d’une station d’épuration.

Services cantonaux de l’énergie et de l’environnement

Mais pourquoi une si grande concentration de déchets à Vevey? «Ceux-ci voyagent avec les courants et vents lacustres. D’autres secteurs, comme la région des Grangettes, à Villeneuve, sont particulièrement exposés, car les courants y convergent», détaille l’ASL, qui organise l’action Net’Léman. Le Service des travaux publics veveysan soulève que «lors de la dernière édition, à laquelle la Ville a participé, 81 kg de déchets ont été sortis des fonds du lac et le long des rives à Vevey, 242 kg à Villeneuve, 310 à Morges et 881 à Montreux».

«La responsabilité individuelle»

Mais au final qui nettoie? Car la loi vaudoise ne désigne aucune autorité pour la récolte des déchets. «La responsabilité individuelle de chacun est engagée», dit la DGE. «Cette problématique n’est pas liée à telle ou telle commune. Elle est globale», répond Vevey, qui dit mener des actions en collaboration avec la population.

Même si ce n’est pas pour tout de suite, la mise à niveau des réseaux séparatifs des eaux claires et usées, en cours, devrait améliorer la situation. «Ce travail permettra d’éviter la surcharge des réseaux en supprimant l’apport d’eau claire parasite. Il s’échelonnera sur plusieurs années et les frais pourraient se chiffrer en dizaine de millions de francs pour les communes», précise la DGE.

Les toilettes, pas des poubelles

En mai, l’action Net’Léman a permis de repêcher 17 kg de déchets domestiques et cosmétiques, tels que lingettes, serviettes, tampons, cotons-tiges ou encore rasoirs. Le Canton et l’ASL insistent: «Leur place est dans les poubelles, et les toilettes n’en sont pas.»

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