Tribunal fédéral: Ses remarques déplacées lui coûtent cher
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Tribunal fédéralSes remarques déplacées lui coûtent cher

Coupable de harcèlement sexuel, le gérant d'un fast-food de Suhr (AG) devra payer 1500 francs d'indemnité.

La croisant en début de matinée, alors qu'elle nettoyait les locaux, le gérant avait longuement porté ses yeux à la hauteur des seins. Il lui avait dit «c'est un beau t-shirt que tu as là, il est trop beau pour le porter au travail, tu n'as pas l'uniforme?».

Une autre employée, qui assistait à la scène, n'avait pu dissimuler son rire. Peu après, il avait appelé la jeune femme dans son bureau. Il ne l'avait pas regardée dans les yeux, mais avait continué de dévisager longuement sa poitrine, avant de la complimenter une nouvelle fois sur son t-shirt.

Attitudes collantes

Sur la base des témoignages recueillis, le Tribunal cantonal argovien avait retenu que le gérant du fast-food avait eu à plusieurs reprises des attitudes collantes à l'égard des employées. Il cherchait souvent le contact physique, leur tapotant le dos ou les épaules et n'hésitait pas à leur faire des remarques déplacées, à connotation sexuelle.

Pour le Tribunal cantonal, il était établi que le regard porté sur l'employée n'avait rien de «collégial» ou de «neutre» mais revêtait une connotation sexuelle, d'autant qu'une autre employée, qui avait assisté à la scène, s'était mise à rire.

En dernière instance, le Tribunal fédéral (TF) a confirmé le verdict argovien et considère lui aussi que le gérant a eu un comportement importun, contrevenant à la loi fédérale sur l'égalité entre hommes et femmes. En plus de 800 francs de frais judiciaires, le gérant devra payer 2000 francs de dépens à son ex-employée, qui avait été en congé maladie avant que le contrat de travail ne soit rompu. (ats)

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