Arrêté en Russie: «Seul, mon fils n'arrivera jamais à s'en tirer»

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Arrêté en Russie«Seul, mon fils n'arrivera jamais à s'en tirer»

Des militants de Greenpeace, dont un Suisse, ont été interpellés en Russie lors d'une protestation sur une plateforme pétrolière. Dans une vidéo, le père de l'Helvète appelle à l'aide.

par
ofu/ats

Les autorités russes ont arrêté 30 militants qui avaient réussi à escalader sur la plateforme du géant russe Gazprom située dans la mer de Petchora, dans l'Arctique , le 18 septembre dernier. Parmi les interpellés: Marco Weber, un activiste suisse de 28 ans.

Dans une vidéo de Greenpeace, son père s'adresse à la population: «Je n'ai plus de nouvelles de mon fils depuis une semaine. Seul, il n'arrivera jamais à s'en tirer.» M. Weber souhaite qu'un maximum de personnes signent sa pétition. Il compte ensuite l'envoyer au gouvernement russe dans l'espoir de libérer l'équipage du «Arctic Sunrise», le bateau à bord duquel les activistes de l'ONG militaient.

De son côté, Greenpeace demande aux autorités russes de libérer sur-le-champ les 30 militants. Leur bateau se trouvait dans les eaux internationales, écrit l'organisation. Par ailleurs, les activistes auraient milité de manière passive. «Pour l'instant, nous ne sommes pas encore entrés en contact avec Marco Weber», affirme le porte-parole de l'ONG, Yves Zenger.

Contacté, le Département fédéral des affaires étrangères a affirmé qu'un représentant suisse se trouvait actuellement en Russie: «Il est en contact avec les autorités locales afin d'établir la communication avec la personne concernée.»

Trois membres en détention

Jeudi, un tribunal de Mourmansk, au nord-ouest du pays, a ordonné la mise en détention pour deux mois de trois premiers membres de l'équipage de Greenpeace. Ils sont accusés de «piraterie» avec 28 autres militants de l'organisation écologiste. Ils sont d'origine Canada, de Nouvelle-Zélande et de Pologne.

«Détention pour deux mois, jusqu'au 24 novembre. Denis Siniakov est arrêté», a indiqué Greenpeace sur Twitter. L'information a été confirmée par l'agence russe Interfax. Peu après, un porte-parole de Greenpeace a indiqué que le Russe Roman Dolgov a aussi vu sa détention prolongée de deux mois.

Selon Interfax, M. Siniakov a insisté lors de sa comparution sur le fait qu'il avait seulement photographié l'action de Greenpeace et qu'il n'avait de fait pas pris part aux événements. Le tribunal a en revanche justifié sa décision en expliquant que ce photographe, travaillant régulièrement pour Greenpeace, se rendait souvent à l'étranger et risquait de quitter la Russie.

Les trente militants de Greenpeace qui comparaissent devant la justice sont accusés de «piraterie», un crime passible de 15 ans de prison, après une action contre une plate-forme pétrolière du géant Gazprom en Arctique.

Issus de 18 pays, dont la Suisse, les Etats-Unis, la France, la Finlande, la Grande-Bretagne, la Pologne et la Russie, ils ont été emmenés par les forces de sécurité russes à terre mardi, après le remorquage de leur brise-glace l'«Arctic Sunrise». Il battait pavillon néerlandais.

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