Suisse romande - Seuls deux détenus ont choisi de mourir en prison depuis janvier 2020
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Suisse romandeSeuls deux détenus ont choisi de mourir en prison depuis janvier 2020

Depuis le début de la pandémie, aucune recrudescence des suicides n’a été constatée dans les prisons romandes. Le double drame du mois dernier à Sion n’est donc pas représentatif.

par
Fabrice Zwahlen
Deux détenus ont perdu la vie à Sion, en juillet, sans que ces deux drames aient un lien commun.

Deux détenus ont perdu la vie à Sion, en juillet, sans que ces deux drames aient un lien commun.

Isabelle Favre/LMS/A

Le suicide de deux détenus à la prison de Sion, le mois dernier, interpelle. Il n’est cependant pas révélateur d’un climat qui se détériore. Les deux cas énoncés sont les seuls à s’être produits dans un centre de détention de Suisse romande depuis janvier 2020 (aucun cas dans le canton de Vaud). Même la pandémie actuelle n’a pas gonflé ces chiffres. «L’apparition du Covid-19 a sans doute impacté les premiers jours de détention, avec un passage en quarantaine», précise, tout de même, Aurélien Schaller, le directeur ad interim de l’établissement de détention La Promenade, à La Chaux-de-Fonds.

Les deux corps sans vie ont été découverts à Sion un lundi matin. C’est finalement le fruit du hasard. L’encadrement sécuritaire en lien direct avec les détenus est en effet identique du lundi au dimanche, malgré des effectifs un peu réduit le week-end. «Il y a en effet moins de visites d’avocat, de professionnels du monde social ou d’entreprises venant réaliser des travaux», explique Laurent Forestier, responsable de la communication à l’Office cantonal genevois de la détention.

Fermeture des ateliers non essentiels

Dans le canton de Vaud, «la différence majeure entre semaine et week-end réside dans la fermeture des ateliers non essentiels au sein desquels travaillent les personnes détenues. Ceux considérés comme indispensables, comme la cuisine, la boulangerie ou ceux rattachés aux soins des animaux fonctionnent 7 jours sur 7», résume le responsable communication du Service pénitentiaire, Marc Bertolazzi. La situation est identique dans le canton de Genève.

Les personnes incarcérées bénéficient d’une heure de promenade quotidienne. Dans certains établissements vaudois, des accès à des moments de sport, en plus de la promenade, existent également le week-end. Côté valaisan, seules les sacro-saintes promenades sont organisées pour les détenus. Organisme de contrôle indépendant des autorités, la Commission nationale de prévention de la torture parle, elle, de «trois heures qui devraient être passées - toutes activités confondues - hors de sa cellule, par jour.» La majorité des détenus peuvent recevoir des visites quotidiennement.

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