Suisse romande: Seuls le Valais et Fribourg échappent à la hausse du chômage
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Suisse romandeSeuls le Valais et Fribourg échappent à la hausse du chômage

Le marché du travail en Suisse ne cesse de se dégrader. Le taux de chômage a légèrement augmenté entre mars et avril, passant de 3,4% à 3,5%. Mise à part le Valais, tous les cantons romands ont vu leur taux de chômage augmenter.

Le nombre de demandeurs d'emploi a crû de 1996 à 136 709 individus, selon les chiffres publiés vendredi par le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO). En rapport au même mois de l'année précédente, 35 829 personnes (&35,5%) de plus pointaient au chômage.

Un tel pic en avril n'avait pas été atteint depuis 1993, a précisé à l'ATS Serge Gaillard, directeur de la division du travail au SECO. D'ordinaire, ce mois-là est plutôt synonyme de détente sur le marché de l'emploi, les travaux dans le secteur de la construction reprenant de plus belle.

Certes, il y a eu un effet saisonnier. Mais ce dernier n'a pu contrecarrer la montée du chômage comme habituellement. Il n'a fait que la ralentir.

Ainsi, corrigé des variations saisonnières, le nombre de sans- emploi a augmenté de 5770 à 134 790 personnes. C'est le troisième mois consécutif qu'un accroissement de plus de 5000 a été enregistrée, a souligné Serge Gaillard. Après l'été, le chômage risque de fortement grimper.

Chômage des jeunes

En moyenne, le SECO escompte un taux de chômage de 3,8% pour l'ensemble de l'année et de 5,2% pour 2010. Ainsi, l'an prochain, quelque 200 000 personnes seront à la recherche d'un emploi.

A la fin de la période sous revue, 151 jeunes (15-24 ans) de plus étaient inscrits auprès des offices régionaux de placement (ORP) pour un total de 22 279. Comparativement à avril 2008, ils étaient 6992 de plus (&45,7%) au chômage.

Il est essentiel, a relevé Serge Gaillard, que l'appel de la ministre de l'économie Doris Leuthard et des partenaires sociaux soit entendu. Entreprises et autorités publiques ont été invitées à préserver et, si possible, à créer des places d'apprentissage ainsi que des stages.

La situation est réjouissante chez les 15-19 ans, a noté cependant le représentant du SECO. L'an passé, de nombreuses places d'apprentissage avaient été mises à disposition. Et tout indique que la liste sera longue également cette année, a-t-il poursuivi.

Périodes d'inactivité

Le moteur de la conjoncture ne tourne pas, les machines non plus. Selon la statistique la plus récente, en février, 661 entreprises (&78,3%) ont eu recours à des mesures de réduction de l'horaire de travail (RHT). Plus de 29 200 salariés ont été mis au chômage partiel, soit 13 125 de plus que le mois précédent.

Au total, 1 745 464 heures chômées ont été autorisées, soit une hausse de 718 061. A même époque un an plus tôt, l'activité s'était ralentie au sein de 87 sociétés, engendrant la perte de 43 944 heures de travail. La disposition avait affecté 611 employés.

Neuchâtel particulièrement touché

Tous les cantons romands sont touchés par la dégradation. A l'exception des deux régions bilingues. Le Valais a enregistré un taux de chômage en recul de 0,1 point à 3,8%, tandis que celui-ci s'est incrit en baisse de 0,2 point à 3,0% à Fribourg.

Les cantons du Jura, de Vaud et de Genève ont quant à eux vu leur taux grimper de 0,1 point, respectivement à 4,7%, 4,9% et 6,6%. Neuchâtel a pour sa part affiché une hausse de 0,2 point à 5,0%.

Outre-Sarine, le taux de chômage a grimpé de 0,1 point dans les cantons de Berne, Zurich et Bâle notamment. Les Grisons ont enregistré la plus nette hausse (&0,6 point) du pays. A l'inverse, le Tessin a le repli le plus marqué (-0,3 point) à 4,5%.

(ats)

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