Actualisé 24.07.2018 à 06:42

Hélicoptère

«Seuls les meilleurs font cette manœuvre»

Une opération de sauvetage par un hélico aux Etats-Unis fascine le monde entier. En Suisse, cette manœuvre fait pourtant partie du quotidien des pilotes.

de
jfe

La vidéo d'un spectaculaire sauvetage d'alpinistes par un hélicoptère américain fait actuellement le tour du monde. On y voit un énorme Boeing CH-47 Chinook en pleine intervention qui ne touche la montagne qu'avec sa queue pour venir en aide aux montagnards en détresse.

«Cette manœuvre, appelée "posé partiel" ou "dépose en stationnaire", est également utilisée tous les jours en Suisse», explique Patrick Aegerter, directeur régional de Swiss Helicopter dans l'Oberland bernois. Attention toutefois à ne pas confondre cette approche stationnaire avec la manœuvre appelée «Pinnacle» qui consiste à se poser en montagne, mais sur un endroit plat.

Le pilote bernois confirme que cet atterrissage exige beaucoup des pilotes: «Le rotor principal est plus proche du terrain pendant la manœuvre que pendant un atterrissage normal». Le pilote et son équipage doivent être en mesure d'évaluer le terrain et la situation très précisément depuis les airs. «Comme l'hélico ne touche le sol qu'en partie avec les patins d'atterrissage, cela exige beaucoup de concentration de la part du pilote», explique Patrick Aegerter. Une coopération bien préparée au sein de toute l'équipe est également très importante.

Que les plus expérimentés

La manœuvre n'est donc utilisée que par des pilotes qui ont déjà une grande expérience de vol. Une formation supplémentaire est dispensée à cet effet.

Quand procède-t-on à des atterrissages de ce type? En règle générale, cette approche est principalement utilisée pour les vols de manutention en terrain accidenté ou pour les vols de sauvetage, explique le directeur régional de Swiss Helicopter.

Contrairement aux Etats-Unis, les atterrissages en stationnaire sont effectués avec des hélicoptères «normaux». «La particularité de la manœuvre que l'on peut observer dans la vidéo américaine, c'est qu'elle a été effectuée avec un hélicoptère très gros et très lourd», explique Patrick Aegerter. De plus, le pilote américain avait placé son appareil en arrière et donc sans avoir de vue depuis sa position dans le cockpit: «c'est extraordinaire et cela rend bien sûr la manœuvre encore plus difficile», conclut-t-il. (jfe/20 minutes)

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