Europa League: Séville a plié l'affaire en quarante-cinq minutes
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Europa LeagueSéville a plié l'affaire en quarante-cinq minutes

Le FC Bâle croyait à l'exploit jeudi en 8es retour de l'Europa League, mais les Andalous, poussés par un public incandescent, étaient tout simplement trop forts.

par
Tim Guillemin
Séville
Alexander Fransson a bien essayé de s'accrocher à Sergio Escudero, mais rien n'y a fait: Séville était trop fort.

Alexander Fransson a bien essayé de s'accrocher à Sergio Escudero, mais rien n'y a fait: Séville était trop fort.

photo: Keystone/AP/Miguel Morenatti

C'est donc cela, le très haut niveau. Le FC Séville, double tenant du titre de l'Europa League, a attaqué 45 minutes sur 180, c'est tout, pour éliminer le FC Bâle. Les Andalous n'ont en effet daigné montrer leur talent que lors d'une seule des quatre mi-temps de cette double confrontation, mais alors, quelle démonstration! «C'était très compliqué en première période ce soir», a d'ailleurs pudiquement reconnu Michael Lang juste après la rencontre. Séville, poussé par un public phénoménal et chauffé à blanc dès l'hymne du club, chanté a cappella, a fait parler la vitesse de Michael Krohn-Dehli et de Kevin Gameiro, notamment, pour complètement dynamiter une défense bâloise dépassée par les événements.

Daniel Hoegh, en particulier, a vécu un calvaire, lui qui remplaçait Walter Samuel, suspendu. Le défenseur central danois n'est pas titulaire habituellement et cela s'est vu de manière dramatique jeudi dans le chaudron andalou. Même le très bon Marek Suchy, comme d'habitude intraitable, n'a pas pu rattraper les erreurs de son collègue de défense centrale lequel est impliqué sur les trois buts espagnols de la première période! Sur le 1-0, il laisse Adil Rami croiser sa tête sur un corner. Sur le 2-0, il n'arrive pas à dégager un ballon brûlant, que Kevin Gameiro convertit en but. Et sur le 3-0, il patine face à Michael Krohn-Dehli sur le côté droit de la défense bâloise, l'ailier sévillan servant ensuite parfaitement Gameiro, lequel a pu conclure en deux temps. Bref, Daniel Hoegh a été pour beaucoup dans le naufrage bâlois de la première période jeudi.

De manière ironique, pourtant, c'est lui qui aurait pu ramener les deux équipes à égalité, juste après l'ouverture du score de Rami. Son coup de tête de la 39e a en effet été sauvé de manière très spectaculaire par David Soria, le gardien sévillan. «Il a effectué là un énorme arrêt, qui, pour moi, est le tournant du match. A 1-1, cela aurait peut-être changé beaucoup de choses, surtout si on avait pu tenir ce score jusqu'à la pause», estime Urs Fischer. Mais l'entraîneur du FCB a su également se montrer lucide concernant la supériorité espagnole: «Ils ont amplement mérité leur victoire. C'est une équipe magnifique, il faut le souligner. Nous, on avait un plan de jeu très clair, c'était de tenir le plus longtemps possible. A 3-0 à la pause, on a raté notre mission, c'est sûr. »

Urs Fischer a tellement tenu à défendre, connaissant le formidable parcours sévillan à domicile cette saison (16 victoires consécutives à Sanchez-Pizjuan toutes compétitions confondues avant ce match retour), qu'il a décidé de ne pas titulariser Breel Embolo ce jeudi. En clair, l'entraîneur du FCB a fait confiance à l'équipe qui avait bousculé Séville au match aller à Saint-Jacques (0-0), oubliant au passage que les Andalous ne sont pas la même équipe loin de leurs bases que dans leur stade. En résumé, et en ne forçant même pas le trait: chez lui, le FC Séville gagne tout le temps. A l'extérieur, il ne gagne jamais. Alors, Urs Fischer avait décidé de poser le verrou, lequel a sauté rapidement.

Aurait-ce été différent avec Breel Embolo titulaire, lui qui est entré à la 60e? On ne le saura jamais, mais on a quand même une petite idée. Même avec tout le talent dont dispose l'international suisse, Séville est beaucoup trop impressionnant à domicile pour espérer quoi que ce soit. «Oui et non, a pourtant tempéré Michael Lang. Si on avait réussi le match parfait, si tout avait fonctionné comme on l'avait désiré, avec le petit brin de chance qui change tout, on aurait pu y croire. Mais on a commis trop d'erreurs individuelles, cela ne pardonne pas à ce niveau.» Il n'a évidemment pas nommé Daniel Hoegh, en bon camarade, mais on espère pour le Danois qu'Urs Fischer ne décide pas d'organiser une séance de visionnage commune de la première mi-temps, sinon on en connaît un qui risque de se faire tout petit sur sa chaise.

Embolo est donc entré alors que tout était consommé. Lui dont la cote est déjà élevée sur le marché international des transferts n'en a pas profité pour la faire monter encore. Il a eu deux occasions, pourtant, dans les toutes dernières minutes, mais a vu son premier envoi stoppé sur la ligne, alors que le second s'est envolé loin dans les tribunes de Sanchez-Pizjuan. Aussi loin que les ambitions bâloises lors de ce 8e de finale.

Séville a donc amplement mérité sa qualification, mais ses supporters ne s'y sont pas trompés. Les aficionados andalous ont mis une pression folle sur le FC Bâle jusqu'à la mi-temps. Ensuite? Quelques chants par-ci et par là, mais, surtout, les tribunes se sont vidées massivement dès la 80e minute, pour éviter les embouteillages à la sortie. Il restait dix minutes à jouer, mais tout était fini depuis bien longtemps.

FC Séville - Bâle 3-0 (3-0)

Sanchez-Pizjuan, 35 546 spectateurs.

Arbitre: Aytekin (All).

Buts: 35e Rami 1-0. 44e Gameiro 2-0. 45e Gameiro 3-0.

FC Séville: Soria; Mariano Ferreira, Rami, Kolodziejczak, Trémoulinas; Cristoforo, Iborra (61e Krychowiak); Reyes, Banega, Krohn-Dehli (52e Escudero); Gameiro (69e Llorente).

Bâle: Vaclik; Hoegh, Suchy, Safari; Xhaka; Lang, Bjarnason (61e Fransson), Zuffi, Steffen; Delgado (60e Embolo), Janko (71e Itten).

Notes: Séville sans N'Zonzi (suspendu), Konoplyanka ni Vitolo (blessés), Bâle sans Samuel (suspendu), Akanji, Boëtius, Sporar, Degen (blessés) ni Aliji (pas qualifié).

Avertissements: 7e Kolodziejczak. 39e Steffen. 94e Embolo.

Le fil du match

Implacable. Séville, poussé par son formidable public, a fait la différence en première période déjà. Après une première occasion pour Kevin Gameiro (5e), les Andalous ont ouvert la marque grâce à un coup de tête d'Adil Rami sur corner (35e). Bâle a eu la balle du 1-1, mais le gardien Soria a magnifiquement sorti l'envoi du chef de Daniel Hoegh, également sur corner (39e). Kevin Gameiro a ensuite définitivement éteint les espoirs bâlois en s'offrant en doublé en deux minutes (43e et 45e) juste avant la pause. Match plié. Séville n'a fait que gérer en deuxième période.

Kevin Gameiro: "Nous avons fait une grande partie"

Nous avons réussi un grand match. Oui, nous avons fait une grande partie, avec beaucoup d'intelligence, vraiment. Notre objectif était de gagner sans prendre de but. Nous savions qu'un seul but de leur part nous mettrait en difficulté, mais nous avons été très sérieux, avec beaucoup de sérénité et de patience. Mes deux buts? Je suis très content, je me sens très à l'aise ici.

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