Etude: Sexting, porno et violence se normalisent sur les écrans des jeunes

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ÉtudeSexting, porno et violence se normalisent sur les écrans des jeunes

Les jeunes de moins de 20 ans sont de plus en plus souvent confrontés à des images sexuelles… que ce soit volontaire ou non.

Les parents sont appelés à accompagner les enfants dans leur utilisation d’internet.

Les parents sont appelés à accompagner les enfants dans leur utilisation d’internet.

20min/Anna Bila

Se faire aborder par message ou sur un réseau social par une personne inconnue «ayant des intentions sexuelles indésirables»: le phénomène prend de l’ampleur chez les jeunes Suisses, selon une étude menée par la Haute école des sciences appliquées de Zurich (ZHAW) en partenariat avec Swisscom. Menée tous les deux ans, celle-ci permet de constater des évolutions. En 2022, 47% des jeunes de moins de 20 ans qui ont été sondés ont dit y avoir été confrontés. Ils n’étaient «que» 30% en 2018 et 19% en 2014.

De plus, «un tiers des adolescents ont déjà été incités au moins une fois par une personne étrangère à envoyer des photos érotiques d’eux-mêmes», constate l’étude. «Quel que soit l’âge, on observe une tendance à la hausse de ces expériences», qui concerne en majorité les ados dès 16 ans. «Les filles en sont presque deux fois plus souvent victimes», est-il aussi constaté, la moitié d’entre elles ayant déjà subi les demandes d’une autre personne de leur envoyer des photos dénudées.

Pas toujours involontaire

«Il est hors de question de tolérer cela. Nous mettons clairement cette question en avant dans nos cours sur les médias dans les écoles, mais les parents doivent eux aussi s’intéresser davantage au problème et assumer leur devoir de diligence. Ils doivent accompagner leurs enfants sur internet comme ils le font dans la rue à travers le trafic», s’exprime Michael In Albon, chargé de la protection de la jeunesse face aux médias chez Swisscom, cité dans le communiqué.

À noter que la confrontation à des images sexuelles ou pornos n’est pas toujours indésirable ou indésirée. Près de 8 jeunes sur 10 dans la tranche d’âge 18-19 ans disent avoir regardé du porno sur leur natel ou sur un ordinateur, 58% ont déjà reçu des «nudes» ou vidéos aguicheuses et 25% disent en avoir envoyé. Ce phénomène, appelé «sexting», ne montre quant à lui pas de hausse générale dans le temps depuis 2014, selon les statistiques de l’étude.

Facebook a quasi disparu

L’étude s’est intéressée à plein d’aspects de la vie numérique des jeunes, et notamment leur usage des réseaux sociaux. Chez les moins de 20 ans, Facebook est déjà quasi mort. Les chiffres comparent 2018 à 2022. Cette année, les 12-19 ans ne sont plus que 5% à utiliser le réseau tous les jours ou plusieurs fois par semaine (23% en 2018). À l’inverse, TikTok décolle de façon spectaculaire. Ils sont désormais 67% à l’utiliser quotidiennement ou presque (contre 8% en 2018). Toutefois, c’est Instagram qui conserve pour l’instant la tête (81%), même s’il connaît un recul. Idem pour Snapchat, puisque 76% des jeunes l’utilisent encore tous les jours ou presque.

(ywe)

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