Shahrick chronique Genève à travers un clip censuré
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Shahrick chronique Genève à travers un clip censuré

Shahrick est un poète urbain à la plume critique, mais optimiste. Lorsqu'il met en image sa vision de Genève, la censure tape.

«J'ai envoyé mon clip à plusieurs télés et médias. Personne n'a voulu le passer. Parce que j'ai filmé des images de la police et des scènes de la vie nocturne genevoise, j'ai senti une réticence. Les gens sont frileux face aux images de vécu.» Il est vrai que cette vidéo de «Sur le Teurf», tournée dans les quartiers «chauds» de Genève, montre des images crues. Quelques extraits choisis ont tout de même été diffusés récemment par la TSR et MTV dans l'émission culte «Yo rap!». Mais la plupart des chaînes ont été frileuses en indiquant au rappeur qu'elles ne diffuseront pas les images.

Ce «chroniqueur social» des Avanchets connaît les méandres de l'autoproduction. A force de persévérance, il a su s'imposer aux yeux des grands du hip-hop. Roots Manuva, Dead Prez, Outaspace ont posé leur voix sur un CD à paraître: «Je viens de terminer «Game Over» à Berlin. Cette mixtape est sous presse et sa sortie européenne est prévue pour le mois prochain. Je suis le seul francophone à y paraître.»

Le Genevois continue ses collaborations avec des groupes helvétiques. Une compilation avec des amis alémaniques est en production. Elle sera intitulée «Fuck Röstigraben». «Au-delà des frontières géographiques, nous gardons les mêmes préoccupations.» Lorsqu'on lui demande ce que signifie son nom, Shahrick répond: «C'est celui sur lequel on peut toujours compter.»

Shahïn Ammane

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