Japon: Shinzo Abe a-t-il financé une école nationaliste?
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JaponShinzo Abe a-t-il financé une école nationaliste?

Le Premier ministre japonais, dont le taux de popularité a été sérieusement ébréché, a nié à plusieurs reprises avoir versé de l'argent au directeur d'une école nationaliste très critiquée.

M. Abe a diffusé des courriers électroniques pour faire face au scandale et mettre fin à tout malentendu.

M. Abe a diffusé des courriers électroniques pour faire face au scandale et mettre fin à tout malentendu.

AFP

Shinzo Abe a rendu publics vendredi, des courriels pour étayer sa défense, alors qu'il est accusé d'avoir versé un don au directeur d'une école nationaliste au centre d'un scandale qui captive le Japon.

Des infos venues de la presse

Yasunori Kagoike a affirmé jeudi sous serment que l'épouse de M. Abe, Akie, lui avait remis en 2015 au nom du Premier ministre un million de yens (8900 francs) en liquide, en l'absence de témoins.

Ce témoignage devant le Parlement venait s'ajouter à des informations de presse selon lesquelles cet homme aurait pu acheter dans des conditions troubles, et à un prix défiant toute concurrence, un terrain appartenant à l'Etat, pour la construction d'une école élémentaire.

«Mettre fin à tout malentendu»

Vendredi, M. Abe a diffusé des courriers électroniques entre son épouse et celle de M. Kagoike. «Aucune transaction d'un million de yens n'est mentionnée dans des échanges», a-t-il déclaré au Parlement.

«J'ai diffusé tous les courriels pour mettre fin à tout malentendu», a-t-il ajouté, accusant M. Kagoike de n'avoir révélé «qu'une partie de l'information» au cours de son audition devant le Parlement.

M. Abe, dont le taux de popularité, élevé, a été sérieusement ébréché, a nié à plusieurs reprises avoir versé de l'argent à M. Kagoike et s'est engagé aussi à démissionner, s'il était avéré qu'il est impliqué dans la transaction immobilière.

Propos insultants

Selon des analystes, il n'y a a priori rien d'illégal dans un tel don mais, s'il était confirmé, la crédibilité du Premier ministre pourrait être atteinte en raison de ses démentis.

M. Kagoike administre à Osaka, dans l'ouest du Japon, un jardin d'enfants qui inculque des valeurs nationalistes ainsi que celles du culte japonais Shinto. Son établissement a diffusé des propos insultants à l'égard des Chinois et des Coréens.

Des enseignements discutables

Ce personnage a éveillé la curiosité du grand public par l'excentricité des enseignements de son école maternelle, similaires à ceux que recevaient les jeunes Japonais jusqu'à la fin de la Seconde guerre mondiale.

Prêts à mourir pour l'Empereur

Les élèves doivent par exemple mémoriser un décret impérial de 1890 sur l'éducation considéré comme ayant servi à inculquer aux jeunes d'avant-guerre l'idée qu'ils devaient être prêts à mourir pour l'empereur.

Ils doivent aussi chanter des messages de soutien au Premier ministre nationaliste et à ses politiques, dont une loi controversée destinée à accroître les prérogatives des forces japonaises. (afp)

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