Guerre en Ukraine: Si Axpo renonce à son uranium russe, la facture risque d’être salée
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Guerre en UkraineSi Axpo renonce à son uranium russe, la facture risque d’être salée

Le fournisseur d’électricité suisse est critiqué, car de l’uranium de ses centrales vient de Russie. Axpo risque une pénalité de 150 à 200 millions de francs en cas de rupture de contrat.

L’uranium de la centrale atomique de Beznau provient exclusivement de Russie.

L’uranium de la centrale atomique de Beznau provient exclusivement de Russie.

20min/Marco Zangger

Les affaires entre Axpo et la Russie mettent le fournisseur dans l’embarras, rapportait jeudi le «Tages-Anzeiger». Le journal alémanique précise que la centrale atomique de Beznau (AG) utilise exclusivement de l’uranium importé de Russie alors que celle de Leibstadt (AG) y achète environ la moitié de ses combustibles. La chaîne d’approvisionnement mène au groupe dirigé par l’Etat russe Rosatom, qui a notamment fait les gros titres pour son rôle dans l’occupation illégale de la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporizhia par l’armée russe.

Après que ce lien a été établi dans divers médias, des critiques se sont fait entendre dans les cantons d’Argovie et de Zurich, à qui Axpo appartient. L’entreprise avait déclaré début mars, qu’elle examinait «actuellement de façon intensive» la manière dont l’entreprise pourrait devenir «moins dépendante» des fournisseurs russes. Axpo a des contrats en cours, jusqu’en 2025 dans le cas de Leibstadt et jusqu’à la fin des années 2020 pour Beznau. Le problème: une rupture unilatérale des contrats entraînerait le paiement de dommages et intérêts «élevés», explique Axpo, sans donner de chiffres précis.

Plus de nouveaux contrats

Le «Tages-Anzeiger» a fait des recherches et révèle que le groupe pourrait devoir payer au minimum 150 à 200 millions de francs, selon plusieurs sources. Axpo a refusé de s’exprimer à ce sujet. La conseillère nationale Gabriela Suter (PS/AG) estime que l’entreprise doit rompre le contrat. Selon elle, l’entreprise «supporterait» cette pénalité, notamment en renonçant à verser des dividendes aux actionnaires qui se montaient à 80 millions de francs en janvier dernier.

Le quotidien alémanique indique en tous les cas qu’une résiliation de contrat ne mettrait pas en péril le fonctionnement des centrales. Axpo affirme que ses réserves d’uranium sont suffisantes pour exploiter ses centrales pendant encore plusieurs années. L’entreprise a d’ores et déjà annoncé qu’elle ne conclura plus de nouveaux contrats avec des partenaires russes.

(jba)

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