Actualisé 23.08.2008 à 15:05

JO/2008

«Si c'est cela le taekwondo, il ne mérite pas d'être aux JO»

Des décisions contestées, un arbitre frappé par un athlète et des officiels dépassés par les événements, le taekwondo a justifié sa sulfureuse réputation lors des jeux Olympiques de Pékin, mais ses dirigeants assurent que son avenir olympique n'est pas compromis.

Comme à chaque tournoi depuis son introduction au programme des JO en 2000, la taekwondo, cet art martial sud-coréen à base de coups de pied, a défrayé la chronique.Le tournoi de Pékin restera surtout dans les mémoires pour l'agression d'un arbitre par le Cubain Angel Valodia Matos, champion olympique des moins de 80 kg en 2000.Alors que l'arbitre suédois Chakir Chelbat l'avait disqualifié pour avoir dépassé le temps accordé pour recevoir des soins, Matos, 31 ans, est entré dans une colère noire, a bousculé l'officiel, puis lui a asséné un coup de pied au visage.Matos a ensuite bousculé un juge-assistant, avant de quitter le tatami accompagné de son entraîneur qui criait au complot. La Fédération internationale (WTF) n'a pas perdu de temps pour les sanctionner.Après la réunion d'un conseil de discipline extraordinaire, Matos et son entraîneur ont été exclus à vie de toute compétition internationale organisée par l'WTF pour «violation grave de l'esprit du taekwondo».RéclamationCet ultime incident refermait quatre jours difficiles pour les responsables de la Fédération internationale, critiqués vertement pour des décisions arbitrales difficilement justifiables.En première ligne, l'équipe des Etats-Unis après l'élimination vendredi en quart de finale du double champion olympique et quadruple champion du monde, Steven Lopez.Après le rejet de sa réclamation, le patron de l'équipe américaine, Herb Perez, ne savait plus à quel saint se vouer: «Si c'est cela le taekwondo, il serait peut-être bon qu'il ne soit plus aux JO».Rebelote samedi en quart de finale du tournoi féminin des plus de 67 kg: la Chinoise Chen Zhong, double championne olympique, est déclarée vainqueur (1-0) alors que son adversaire, la Britannique Sarah Stevenson, l'avait touchée à la tête, ce qui aurait dû lui rapporter deux points.Après réclamation des Britanniques, puis consultation des images vidéo, le jury a finalement donné la victoire à Stevenson, à la stupeur du public chinois.«Un événement significatif pour notre sport s'est produit, une telle décision est une première», s'est félicité le secrétaire général de la WTF, Yang Jin-suk qui n'a pas manqué de saluer «la courtoisie» de l'équipe chinoise qui n'a pas fait appel.StageLa WTF avait pourtant pris des mesures drastiques pour sélectionner les 29 arbitres officiant à Pékin à l'issue d'un stage d'un mois à l'été 2007 réunissant 150 candidats, puis d'un séminaire dit de «rafraîchissement des connaissances» le mois dernier.«Nous avons maximisé nos efforts pour minimiser les erreurs», martèle M. Yang, tout en reconnaissant que «l'erreur humaine ne pourra jamais être totalement éliminée».Le salut pourrait venir de la technologie, avec des plastrons et casques bourrés d'électronique qui signalent les impacts et leur calibrage. A Rome, en mars, les Championnats d'Europe ont été le premier grand rendez-vous international à se dérouler «sous électronique».La WTF veut suivre cette voie, assure son secrétaire général sans toutefois donner un échéancier pour l'adoption définitive de cette innovation attendue par les athlètes.Une certitude, «le taekwondo a un grand avenir olympique devant lui».«Nous donnons leur chance et de l'espoir à des pays, petits et/ou pauvres, nous propageons l'olympisme à travers le monde», conclut M. Yang en référence aux médailles remportées à Pékin par l'Afghanistan --une première historique--, la République dominicaine, l'Iran ou la Croatie. (afp)

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