Actualisé 24.11.2009 à 07:35

EnvironnementSi chaque humain vivait comme aux USA, il faudrait cinq planètes

La Terre supporte de moins en moins l'impact écologique des activités humaines, alors qu'il faut 18 mois à la planète pour régénérer les ressources que l'humanité consomme en un an, selon une étude d'un groupe de recherche privé américain publiée mardi.

Les données recueillies dans une centaine de pays par Global Footprint Network, un groupe de défense de l'environnement, indiquent que l'humanité consomme des ressources et produit du dioxyde de carbone (CO2), principal gaz à effet de serre, à un rythme 44% plus élevé que ce que la nature peut produire et absorber.

L'étude révèle également une disparité grandissante entre les pays quant à l'impact écologique par habitant.

Si tous les habitants de la Terre vivaient ainsi comme un Américain moyen, il faudrait l'équivalent de cinq planètes pour produire les ressources alimentaires et énergétiques consommées et absorber le CO2 émis.

Et si chacun consommait dans le monde comme l'Européen moyen, deux Terres et demie seraient nécessaires, ont également calculé les auteurs de ce rapport.

«Les menaces imminentes auxquelles nous faisons face aujourd'hui, notablement le changement climatique mais aussi la déforestation, la diminution des pêcheries, la sur-utilisation de l'eau douce, sont des symptômes d'une tendance alarmante», écrivent-ils.

Global Footprint Network, basé à Oakland en Californie (ouest), calcule tous les ans depuis sa création en 2003 ce qu'il appelle «l'empreinte écologique» de plus de cent pays et de l'humanité dans son ensemble.

Cet indicateur détermine la superficie de terre et d'eau requise pour produire des ressources qu'une population donnée consomme et pour absorber les déchets en résultant.

Autrement dit, ces chercheurs calculent le potentiel de production de ressources de la nature, comment celles-ci sont utilisées et qui les utilise, explique l'organisation.

Ces données, qui proviennent de multiples sources dont notamment l'ONU et des statistiques des différents gouvernements, montrent qu'entre 2005 et 2006 l'impact écologique de l'humanité a augmenté de près de 2% sur la même période précédente.

Cet accroissement a résulté à la fois d'une augmentation de la population et de la consommation de ressources par tête.

Depuis dix ans, l'impact de l'homme sur la nature s'est accru de 22% alors que la bio-capacité, quantité de ressources que la nature peut produire, est restée constante et pourrait même avoir diminué, selon Global Footprint Network.

Malgré ces chiffres préoccupants, il existe des moyens de corriger cette trajectoire, estime Mathis Wackernagel, président de Global Footprint Network.

«Ces tendances montrent qu'il est dans l'intérêt de chaque pays d'agir sans attendre pour réussir dans un monde aux ressources de plus en plus limitées, quoi qu'il arrive sur la scène mondiale», a-t-il dit dans un communiqué en référence à la conférence de Copenhague de l'ONU sur le climat le mois prochain, où la conclusion d'un accord contraignant pour réduire les émissions de gaz à effet de serre est très improbable.

(afp)

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