Bale-Campagne - «Si j’avais mangé toute la tartelette, je ne serais plus là!»
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Bâle-Campagne«Si j’avais mangé toute la tartelette, je ne serais plus là!»

Une infirmière aurait empoisonné une octogénaire dans un EMS à Laufon en 2018. Elle s’est retrouvée lundi devant le juge. L’aïeule a raconté ce qu’elle a subi.

L’octogénaire n’a heureusement pas avalé sa pâtisserie en entier. (photo prétexte)

L’octogénaire n’a heureusement pas avalé sa pâtisserie en entier. (photo prétexte)

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«Lorsque j’ai commencé à manger la tartelette aux fraises, j’ai remarqué qu’il y avait quelque chose de brun, comme du poivre. J’ai demandé à la soignante si elle voulait m’empoisonner, a témoigné une octogénaire lundi devant le tribunal. Elle a répondu qu’à la Migros, ils avaient une nouvelle recette.» Entre septembre et décembre 2018, une aide-soignante d’un EMS de Laufon (BL) aurait tenté à trois reprises d’empoisonner la mamie. Les quelques bouchées qu’elle a avalées lui ont valu une nuit de diarrhées et de vomissements.

Lors de la dernière tentative, le 1er décembre, elle a pris son thé froid comme de coutume pour le petit-déjeuner. Peu après, elle s’est sentie mal et a dû être transférée à l’Hôpital universitaire de Bâle avec des symptômes sévères d’empoisonnement. Elle a passé six jours aux soins intensifs. «L’aide soignante est venue me voir et m’a apporté des fleurs, qu’elle a achetées avec mes sous» s’est exclamée la frêle octogénaire, qui a heureusement toute sa tête.

«Je suis une bonne personne»

L’accusée, âgée de 32 ans, nie tout. «Je suis une bonne personne», a-t-elle dit. La personne âgée avait donné procuration à cette femme et son compte était garni de 80’000 francs en août 2018. À cette époque, l’aide-soignante était déjà en proie à des problèmes d’argent. Alors, oui, elle a fait des recherches sur le web pour savoir comment empoisonner quelqu’un. Mais c’est parce qu’elle voulait mettre fin à ses jours. Elle n’a par contre pas pu expliquer pourquoi la méthode qu’elle pensait utiliser provoquait une lente agonie. Elle aurait également dit à une collègue de travail, qui est accusée de complicité, qu’elle allait empoisonner son mari avec des graines de ricin et de l’aconit bleu.

La peine pourrait être lourde

Les déclarations de la résidente de l’EMS incriminent lourdement l’accusée. La collègue de l’accusée lui a confié, après son hospitalisation, qu’elle avait acheté des graines de ricin pour la prévenue. «Si tu en prends trop, tu ne survis pas» aurait-elle dit. «Sans ce précieux renseignement, je ne serais plus là» confie la résidente de l’EMS.

Par ailleurs, le compte de l’octogénaire a été délesté de 20’000 francs. L’accusée a reconnu ce vol et promis de tout rembourser. Ce mardi, le procureur général annoncera les peines requises. L’accusation est susceptible de demander jusqu’à cinq ans de réclusion pour l’accusée principale. Le verdict est quant à lui attendu jeudi.

(lha/jbm)

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