genève: «Si le Rom est SDF, alors le businessman l'est aussi»

Actualisé

genève«Si le Rom est SDF, alors le businessman l'est aussi»

La mendiante jugée hier pourrait devenir la figure de proue du combat mené contre les stéréotypes.

par
Shahïn Ammane

«Le pouvoir néfaste des stéréotypes véhiculés sur les Roms influe sur leurs droits», a d'emblée averti Me Isabel Rodrigez. Un triumvirat d'avocates, membres du comité Mesemrom, s'étaient hier réparti la tâche de défendre leur cliente roumaine. Celle-ci avait été incarcérée six jours en mars. Une décision du ministère public visait à convertir les amendes infligées pour mendicité en peine privative de liberté. Sur opposition, le Tribunal d'application des peines et des mesures (Tapem) a constaté l'irrégularité des notifications dans la Feuille d'avis officielle des amendes pour mendicité et remis l'intéressée en liberté. Selon le Tapem, la police aurait dû rechercher l'adresse de la mendiante et non la qualifier d'office de SDF, dans le but de lui envoyer les décisions de justice.

Le procureur a hier justifié l'attitude des forces de l'ordre en arguant que les mendiants vivent de manière itinérante et sont souvent dépourvus d'une adresse valable. «Mais alors, tout businessman doit également être taxé de SDF», a rétorqué Me Dina Bazarbachi, avant de laisser la parole à son associée, Me Doris Leuenberger. «Cette femme a six enfants à charge, dont une fille handicapée, a rappelé cette dernière. C'est cela, la misère!» Le procureur a tout de même mis en garde le tribunal. «C'est un test case. Beaucoup de procédures sont en attente de la décision de la Cour.»

Ton opinion