17.09.2020 à 08:01

David Guetta«Si le son des années 1980 devient la nouvelle mode, ça me va très bien»

Le DJ et producteur star David Guetta surprend avec le single très eighties «Let’s Love», réalisé avec Sia. Ce titre est d’ores et déjà promis à un bel avenir. Interview.

de
Fabien Eckert
Le Français de 52 ans dit n’avoir jamais été aussi créatif et productif que ces derniers temps.

Le Français de 52 ans dit n’avoir jamais été aussi créatif et productif que ces derniers temps.

E. Von Unwerth

Comme chacun de ses duos avec la chanteuse australienne, «Let’s Love» pourrait à nouveau propulser David Guetta parmi les artistes les plus écoutés. Ce single a en tout cas tout pour y parvenir. Coup de fil à la star française.

Ces derniers temps, vous avez sorti des titres de house underground sous le pseudo de Jack Back, un EP de future rave avec Morten et là un titre calibré pour la radio avec Sia. Ça va votre schizophrénie?
Figure-toi qu’il y a trois semaines, j’ai même fait un morceau reggaeton pour une œuvre caritative avec dix artistes latinos. Avant, j’avais l’habitude de prendre l’avion presque tous les jours. Et là, tout d’un coup, je me suis retrouvé avec plus rien à faire. Donc, j’ai commencé à faire de la musique comme un forcené. Ç’a été génial. C’est la période où je me suis senti le plus inspiré de ma vie.

Comment gérez-vous les différents styles musicaux que vous avez explorés dernièrement?
Plutôt que de parler de styles, je parlerais plutôt de cycles. Quand tu fais toujours la même chose, ça devient répétitif. Quand je fais de l’electro pendant une semaine, j’aime bien faire de la pop ensuite pour me changer les idées. D’une manière générale, j’ai dédié l’année 2019 à Jack Back et à l’EP avec Morten. Là, depuis trois mois, je rentre dans un nouveau cycle qui est eighties pop. Je n’appellerais pas ça du disco, parce que le tempo est plus rapide.

Pourquoi cette eighties pop?
Parce que je vis à Miami et que je suis dans cet univers très «Miami Vice» (ndlr: la série produite entre 1984 et 1989) avec des références sonores et visuelles très fortes. Et puis, avec cette pandémie, on vit une période tellement sombre et déprimante que j’avais envie de faire une chanson qui parle de réunir les gens au lieu de les diviser. Je voulais un morceau «feel good» avec de la légèreté. Le monde est assez dark comme ça. Dans les années 1980, les gens n’avaient pas honte de faire des titres avec des énormes refrains où tu as envie de te lâcher et de mettre les mains en l’air.

Je ne fais pas que des tubes. J’ai un disque dur rempli de chansons pas terribles

C’est votre huitième collaboration avec Sia. Ensemble, vous avez sorti les tubes «Titanium», «Flames», «She Wolf» ou «Bang My Head». On ne change donc pas une équipe qui gagne?
Premièrement, elle est mon artiste préférée du monde. Rien que ça, c’est une bonne raison pour bosser avec elle. Ensuite, il n’y a pas des milliers de personnes capables d’écrire et de chanter aussi bien qu’elle. Entre nous, il y a une magie que je ne saurais pas expliquer. Quand on travaille ensemble, il y a toujours quelque chose qui finira par en sortir. Il faut savoir que contrairement à ce que les gens pensent, je ne fais pas que des tubes. J’ai un disque dur rempli de chansons pas terribles.

Globalement, dans la musique actuelle, il y a un retour aux années 1980, non?
Je suis un enfant des années 1980, c’est donc ma culture musicale. Si c’est ça qui devient la nouvelle mode, ça me va très bien. La musique est cyclique de toute façon. On ne fait qu’aller prendre des idées dans le passé. La recette de base n’est pas compliquée. Tu fais «moins 20 ans» et ça marche à tous les coups. Je vais d’ailleurs bientôt pouvoir me sampler moi-même vu que j’ai sorti mon premier album en 2002 (rires)! D’ailleurs, lors du dernier show que j’ai donné, j’ai passé l’original de «Love Is Gone» de 2007. Ça a cartonné.

Comment s’est passé votre été sans aucune date?
Ça m’a permis de passer pour la première fois un été avec mes enfants. C’était très sympa. On a été au cap Ferret (F) faire du surf, manger des gaufres, faire du vélo. Avec le masque, personne ne me reconnaissait. J’étais aux anges. Hormis ça, je me suis concentré sur la musique. C’était agréable de ne pas stresser, de pouvoir faire de la musique de manière détendue, juste pour m’amuser. Cet été m’a fait du bien même si j’espère que tout ça va s’arrêter et que ça va repartir en 2021.

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