Politique migratoire – «Si les villes veulent être solidaires, elles ne le peuvent pas»
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Politique migratoire«Si les villes veulent être solidaires, elles ne le peuvent pas»

Les Verts ont déposé une initiative parlementaire pour que la Confédération permette aux communes et aux cantons qui le souhaitent d’accueillir davantage de réfugiés.

La conseillère aux États Lisa Mazzone (Les Verts/GE) voudrait que les villes de Suisse qui se montrent solidaires avec les réfugiés aient davantage de marge de manœuvre.

La conseillère aux États Lisa Mazzone (Les Verts/GE) voudrait que les villes de Suisse qui se montrent solidaires avec les réfugiés aient davantage de marge de manœuvre.

20min/Monika Flueckiger

Le groupe des Verts du Conseil national a déposé en décembre dernier une initiative parlementaire qui vise à «renforcer la tradition humanitaire de la Suisse dans notre système fédéraliste en permettant aux villes et aux communes d’être solidaires». Aujourd’hui, seule la Confédération est compétente en matière d’aide aux réfugiés et décide donc seule qui peut être accueilli en Suisse ou pas.

Le Parti écologiste dit vouloir ainsi répondre à diverses crises migratoires, citant notamment la prise de pouvoir des talibans en Afghanistan en août dernier, en permettant aux cantons et aux communes de pouvoir demander des contingents d’accueil supplémentaires. Les coûts d’hébergement seraient à la charge des communes et des cantons et «la décision d’octroyer ou non l’asile au groupe concerné restera de la compétence de la Confédération», précise le texte de l’initiative.

«La Confédération ne doit plus mettre de bâtons dans les roues des villes et cantons», écrivent les Verts dans un communiqué publié ce jeudi. Ces derniers indiquent encore que leur demande est soutenue par des communes comme Berne, Genève ou Zurich.

Une contre-attaque?

Défendre l’image de villes suisses ouvertes et solidaires et leur donner davantage d’autonomie détonne avec la récente campagne de l’UDC qui voudrait au contraire combattre ce qu’elle appelle «la politique nuisible des centres urbains gouvernés par la gauche rose-verte». Est-ce que cette initiative parlementaire est une réponse symbolique à cette attaque des conservateurs contre les modes de vie plus urbains?

Contactée par téléphone, la conseillère aux États Lisa Mazzone (Les Verts/GE) affirme que l’objectif n’était pas directement de contrattaquer la politique de l’UDC. «C’était plutôt d’affirmer que les villes sont prêtes à prendre leurs responsabilités, en assumant les coûts de ces accueils.»

L’élue prend l’exemple de l’incendie du camp de réfugiés de Moria, en Grèce. «Il y a eu un vrai élan de solidarité dans les villes» après cet événement, explique-t-elle. «En plus, on avait énormément de places disponibles à cette époque pour accueillir plus de personnes.» Le système actuel est source de frustration pour Lisa Mazzone. «Si les villes veulent être solidaires, elles ne le peuvent pas.»

(Comm/jba)

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