Genève: «Si rien n'est fait, nous arrêterons de conduire!»
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Genève«Si rien n'est fait, nous arrêterons de conduire!»

La grogne monte au sein des Transports publics genevois. Les chauffeurs s'estiment insuffisamment protégés. Une réunion est prévue mercredi après-midi.

par
Maria Pineiro
Les chauffeurs sont désormais séparés des passagers.

Les chauffeurs sont désormais séparés des passagers.

Keystone/Salvatore di Nolfi

«Il n'y a pas de masques, pas de gel, pas de nettoyage au changement de chauffeur, s'exclame Luc*. Nous sommes en première ligne et insuffisamment protégés.» Ce conducteur des Transports publics genevois (TPG) depuis 17 ans affirme ne pas se sentir soutenu pas sa hiérarchie. «Cela ne peut pas continuer comme ça. Si rien n'est fait, nous arrêterons de conduire.» Luc fait partie d'un groupe Whats'app avec quelque 200 collègues, dit-il. «Nous sommes tous sur la même longueur d'onde, tous inquiets et prêts à bloquer les TPG s'il le faut.»

«Les inquiétudes sont nombreuses et les directives encore floues. Les chauffeurs ne savent pas comment agir lorsqu'ils font partie des groupes à risques ou lorsqu'ils ont côtoyé des personnes qui ont des symptômes. Ils ne se sentent pas en sécurité», confirme Valérie Solano, secrétaire syndicale au SEV. Néanmoins, un certain nombre de mesures ont été prises, indique-t-elle. Ainsi, les cabines des conducteurs ont été isolées et les véhicules sont désinfectés tous les soirs. «Mais les collègues veulent pouvoir nettoyer les portes de pilotage à chaque prise de service.»

Limiter le nombre de passagers

Autre revendication, celle d'opérer un changement d'horaire immédiat. Le syndicat estime qu'au vu des circonstances, il n'y pas lieu de maintenir le nombre de véhicules habituels en exploitation, ce que la régie compte faire jusqu'à lundi. «Ce d'autant plus qu'un certain nombre de collaborateurs doit s'occuper de ses enfants, présente des risques ou a de la peine à se rendre au travail, car frontalier», détaille Valérie Solano.

Une rencontre entre le syndicat et les TPG est prévue mercredi en début d'après-midi. Le SEV demander également que le nombre de passagers soit limité dans les véhicules et que les locaux de pause soient adaptés afin de permettre de garder les distances requises pour ne pas s'infecter.

«Les chauffeurs doivent être écoutés. Ils sont très inquiets. Si leurs revendications ne sont pas entendues, je ne sais pas s'ils continueront le travail», affirme Valérie Solano, pourtant consciente de l'importance de maintenir ce service public. Pour autant, certains conducteurs se disent conscients de l'importance de leur travail dans la situation actuelle et estiment qu'il est de leur devoir de continuer à fournir des prestations de transport.

La direction des TPG, via son porte-parole François Mutter, se dit ouverte au dialogue. Elle confirme qu'une réunion avec les représentants du personnel a lieu ce mercredi à 14h. «Une baisse significative de l'offre sera effective à partir du lundi 23 mars, ce qui contribuera à réduire fortement le nombre de conducteurs en service.» Les TPG rappellent que les portes situées à l'avant des véhicules sans cabine fermée ont été condamnées et que des zones de sécurité ont été mises en place derrière les conducteurs. Les locaux de pause sont nettoyés et approvisionnés régulièrement en savon. «De nouvelles mesures doivent être proposées lors de la réunion de ce jour.»

Réduction de 40% de l'offre

Selon un communiqué de la régie publique, «les deux parties ont convenu que la situation actuelle était très compliquée et très difficile pour tout le monde». Le transporteur a souligné être très concerné par la santé des collaborateurs, d'où les mesures mises en place. La direction des tpg a indiqué à cette occasion être très concernée par la santé de ses collaborateurs d'où les mesures mises en place au début de la semaine (lire ci-contre).

Dès lundi, l'offre sera réduite de 40%, ce qui permettra de libérer 300 chauffeurs sur les 700 habituellement nécessaires pour conduire les véhicules.

La réunion a également porté sur «d'autres mesures destinées à protéger la santé des conducteurs qui pourraient être mises en oeuvre, selon les possibilités d'approvisionnement». Dès vendredi, des lingettes désinfectantes ou du gel hydroalcoolique seront à disposition des chauffeurs qui entrent en service. Les conducteurs faisant partie des catégories à risque pourront être retirés du service.

Valérie Solano estime que la réunion n'a pas permis autant d'avancées qu'espéré. Elle craint que de nombreux chauffeurs, encore inquiets pour eux et leurs familles, refusent le travail. La secrétaire syndicale attend les retours des conducteurs dès demain sur les mesures mises en oeuvre.

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