15.10.2020 à 13:52

Otage franco-suisse libérée«Si Sophie Pétronin revenait à Gao, elle serait sans doute enlevée»

Une semaine après la libération de l’otage franco-suisse détenue près de quatre ans au Mali, un journaliste local la met en garde quant à un retour à Gao.

AFP

L’otage franco-suisse Sophie Pétronin, 75 ans, libérée la semaine dernière, était détenue depuis près de quatre ans après avoir été enlevée par des djihadistes fin 2016 au Mali. Elle s’y était installée quinze ans plus tôt pour s’occuper d’enfants malnutris.

Dès sa libération la septuagénaire avait dit son intention de retourner à Gao pour s’assurer que l’organisation d’aide aux enfants qu’elle dirigeait continue à fonctionner. «J’ai pris un engagement pour les enfants. Je vais aller en France, en Suisse et, après, je vais revenir voir un peu ce qui se passe ici», avait-t-elle déclaré lors d’une rencontre avec des journalistes à l’ambassade de France à Bamako, vendredi dernier.

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Cheick Amadou Diouara, un journaliste basé et natif de Gao explique dans Paris Match que l’humanitaire doit faire attention: «Si Sophie nous lit quelque part, il faut qu’elle sache que, si loin et si près, elle a toute l’admiration, l’estime et la reconnaissance des populations de Gao, mais elle ne peut pas revenir ici. Si elle revenait, elle serait sans doute enlevée.»

«Je peux vous dire qu’elle a subi un choc»

Le Malien rappelle que la Franco-Suisse était particulièrement bien intégrée avant son rapt. Elle parlait les langues locales, «personne ne s’inquiétait pour elle». Il dit aussi son étonnement quand aux propos tenus par l’ex otage sur ces geôliers, qu’elle s’est gardée d’appeler des «djihadistes». «Appelez-les comme vous voulez, moi, je dirais que ce sont des groupes d’opposition armés au régime», avait-elle dit à sa libération.

«Quand je l’entends parler maintenant, je ne reconnais pas la Sophie que je connaissais, explique Cheick Amadou Diouara au site français. (…) Elle aimait bien sortir, boire, fumer des cigarettes… Le djihad, elle n’en avait rien à faire. Si elle revient aujourd’hui avec des mots comme ça, c’est que quelque chose s’est passé. Il faut comprendre l’état d’âme de quelqu’un qui a passé quatre ans en captivité… Je connais très bien Sophie et je peux vous dire qu’elle a subi un choc.»

(cga)

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