Franc fort: Signes de refroidissement économique

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Franc fortSignes de refroidissement économique

Le gouvernement a constaté «des signes de refroidissement» économiques en raison de la cherté du franc, mais a refusé toute mesure fiscale qu'il juge «contre-productive».

Le Conseil fédéral persiste et signe sur le franc fort: pas question de mesures interventionnistes pour soutenir l'économie suisse. La situation conjoncturelle reste bonne et la politique monétaire est du ressort de la Banque nationale suisse (BNS), justifie-t-il.

Le contrôle des mouvements de capitaux, les taux d'intérêts négatifs, l'abaissement temporaire de la TVA pour l'hôtellerie ou l'industrie exportatrice de même que les mesures protectionnistes pour les marchés publics sont inefficaces et contreproductives pour l'économie suisse, estime le Conseil fédéral.

Abaisser le taux de l'impôt sur le bénéfice pour les entreprises axées sur l'exportation, ou leur accorder des subventions directes ne sont pas non plus une solution. Les conséquences négatives à long terme pour l'économie et la politique économique dépasseraient de beaucoup les gains à court terme pour les entrepreneurs.

Dans le cadre du programme de croissance, le Conseil fédéral a déjà pris des mesures pour améliorer les conditions générales de l'activité économique. Il a aussi accru les moyens du tourisme et de l'industrie d'exportation. Pour le reste, le gouvernement s'en remet à la BNS «qui dispose des moyens les plus efficaces pour lutter contre les fluctuations de change» et garantir la stabilité des prix.

Consommateur défavorisé

Si la situation devait se dégrader, le Conseil fédéral réexaminerait l'opportunité de prendre des mesures. En attendant, le consommateur ne voit pas toujours la couleur de la baisse des prix à l'importation.

Selon les premiers résultats d'une analyse du Département fédéral de l'économie, les tarifs des huiles minérales en ont bénéficié. Par contre, le prix de voitures n'est manifestement pas couplé avec l'évolution des prix dans le pays de fabrication et des taux de change. Il est surtout fixé en fonction du pouvoir d'achat en Suisse.

Acheteurs de textiles, vêtements, cuir et chaussures n'ont pas non plus profité de la baisse des prix à l'importation. Selon l'indice suisse des prix à la consommation, ces biens ont enregistré une hausse constante de tarifs.

Il est probable que les entreprises bénéficient davantage que les consommateurs des avantages liés à l'achat dans la zone euro, notamment si elles achètent des matières premières. La transmission des baisses de prix aux consommateurs devra être analysée de manière plus approfondie.

(ats)

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