Procès à Nyon (VD): S’il lui donnait des coups de poing ou des gifles, c’était «par jalousie»
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Procès à Nyon (VD)S’il lui donnait des coups de poing ou des gifles, c’était «par jalousie»

Une jeune femme accuse son premier amour de violences verbales, physiques, psychologiques et sexuelles. Jugé mercredi au Tribunal de la Côte, le prévenu, âgé de 26 ans, risque quatre ans et demi de prison. 

par
Lauren von Beust
Prévenu de plusieurs chefs d’accusation, l’accusé a été jugé mercredi au Tribunal d’arrondissement de la Côte à Nyon (VD).

Prévenu de plusieurs chefs d’accusation, l’accusé a été jugé mercredi au Tribunal d’arrondissement de la Côte à Nyon (VD).

AFP

«Fais-moi plaisir, suicide-toi!» Des incitations à passer à l’acte, Julie* en a entendues plus d’une fois de la bouche de Maxime*, pendant les quatre ans et demi de leur relation. Jusqu’à ce qu’en novembre 2015, après une énième dispute, la jeune femme, alors âgée de 19 ans, tente de mettre fin à ses jours. Avec le recul, cet Italien, domicilié depuis toujours dans le canton de Vaud, et âgé 20 ans au moment des faits, dit ne pas en avoir pensé un mot.

Et lorsqu’il donnait des coups de poing ou mettait des gifles à Julie – tous deux ne sont pas d’accord sur la fréquence des épisodes de violence – c’était «par jalousie», s’est-il justifié, mercredi, devant le Tribunal nyonnais (VD). La jeune femme ira jusqu’à avoir des vertiges et aura des marques au cou, après que celui dont elle est «follement amoureuse» l’ait empoignée.

Deux sons de cloche

Prévenu de plusieurs chefs d’accusation, dont incitation au suicide et mise en danger de la vie d’autrui, l’accusé conteste également le viol: «Il n’y a jamais eu de rapports sexuels forcés. Le sexe, c’était ce qui faisait tenir notre couple. Après les disputes, on finissait par faire l’amour.» 

Quand Julie voudra mettre fin à leur relation, que sa mère a toujours défini comme «toxique», Maxime réfute avoir sorti son couteau. Ce dernier la menacera avec son pistolet, mais ne se souvient pas s’il s’agissait du vrai, «vidé de ses munitions», ou d’une arme factice. Quoi qu’il en soit, «c’était pour la rigolade», se défend-il.

Entre sursis et prison ferme

Le vingtenaire admet néanmoins avoir dit à sa copine de l’époque que si elle déposait plainte contre lui, il la retrouverait pour se venger. Mais en janvier 2019, les menaces de mort à l’égard de la famille de Julie sont l’élément déclencheur. Elle se rend à la police. 

Aujourd’hui, celle qui veut obtenir des excuses de son ancien compagnon et qui souhaite que justice soit faite, réclame un tort moral de près de 40’000 francs. «On m’a enlevé ma jeunesse», insiste la Vaudoise, toujours suivie sur le plan psychologique.

Alors que l’avocat de Maxime requiert 120 jours-amende avec sursis pour des faits de contrainte, tentative de contrainte et injure, son client risque une peine de prison de 4 ans et demi pour l’ensemble de ses actes. Verdict lundi prochain. 

*Prénoms d’emprunt.

Vous avez été témoin, victime ou auteur·e de violence?

  • Police: 117

  • Urgences médicales: 144

  • La Main Tendue (adultes, 24/7): 143

  • Pro Juventute (jeunes, 24/7): 147

  • Centres d’aide aux victimes LAVI

  • Violencequefaire (anonyme et gratuit, réponse dans les 3 jours)

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