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Nucléaire iranienSilence prudent des pays arabes après l'accord

L'accord sur le programme nucléaire iranien que Téhéran a conclu dimanche à Genève avec les grandes puissances a été accueilli par un silence prudent de la part des pays arabes.

Les Etats arabes, à l'exception de la Syrie et de l'Iran, sont dirigés par des sunnites qui considèrent en général l'Iran chiite comme un ennemi et qui voient d'un mauvais oeil la perspective d'un rapprochement de la république islamique avec l'Occident.

«Je crains que l'Iran ne renonce à quelque chose (sur le nucléaire) pour obtenir quelque chose d'autre des grandes puissances sur le plan de la politique régionale. Et je m'inquiète qu'on donne à l'Iran plus d'espace ou plus de latitude dans la région», a commenté Abdallah al Askar, président du Conseil de la Choura, l'organisme qui conseille le gouvernement saoudien.

«Le gouvernement iranien, mois après mois, a fait la preuve de son programme répugnant dans la région, et, à cet égard, personne ne pensera que les choses vont bien se passer», a-t-il ajouté en soulignant qu'il s'agissait de son opinion personnelle. L'Arabie saoudite n'a pas réagi officiellement à l'annonce de l'accord.

Etape majeure pour Bagdad

Par contraste, l'Irak, seul Etat arabe qui soit ouvertement allié à la fois avec les Etats-Unis et avec l'Iran et dont le gouvernement est dirigé par des chiites, a salué l'accord. «La conclusion d'un accord entre la république islamique d'Iran et les six grandes puissances est considérée comme une étape majeure pour la sécurité et la stabilité dans la région», a déclaré le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki dans un communiqué.

«L'Irak (...) exprime son soutien plein et entier à cette mesure et son empressement à la soutenir, ainsi qu'à assurer l'achèvement des phases restantes et à promouvoir un climat de dialogue et de solutions pacifiques», poursuit le communiqué.

Damas satisfait

Le gouvernement syrien du président Assad, allié de longue date de l'Iran, s'est lui aussi montré satisfait. «La Syrie a le sentiment que ce genre d'accord est un signe que les solutions politiques à la crise dans la région sont le meilleur moyen pour assurer la paix et la sécurité, loin devant les menaces d'intervention étrangère ou de recours à la force», a déclaré un responsable ministériel syrien cité par l'agence Sana.

Aux Emirats arabes unis, le gouvernement a souhaité que l'accord de Genève permette de parvenir «à un règlement définitif qui préserve la stabilité de la région et la protège des tensions ainsi que des risques de prolifération», a rapporté l'agence de presse Wam.

Les Palestiniens y voient une chance

Les Palestiniens se sont, eux aussi, félicités de l'accord, qui montre à Israël que «la paix est la seule option au Moyen-Orient».

«Les efforts internationaux qui ont abouti à Genève doivent être une chance d'activer le rôle du Quartette pour le Proche-Orient (Etats-Unis, Russie, Union européenne, ONU) pour mettre fin au conflit israélo-palestinien», a plaidé le porte-parole du président Mahmoud Abbas, Nabil Abou Roudeina, dans un communiqué.

«La conclusion d'un accord à Genève envoie un important message à Israël pour qu'il comprenne que la paix est la seule option au Moyen-Orient», poursuit ce communiqué. «Nous voulons un Moyen-Orient sans armes nucléaires», a encore souligné M. Abou Roudeina. (ats)

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