17.05.2016 à 20:58

VaudSilent discos: Lausanne souffle le chaud et le froid

Après avoir interdit des soirées avec casques dans un quartier dévolu à la fête, la Ville en autorise une dans un lieu résidentiel. Paradoxal.

von
Frédéric Nejad Toulami
Ces soirées sont autorisées au cas par cas.

Ces soirées sont autorisées au cas par cas.

photo: Keystone

L'administration lausannoise a ses raisons que la raison ignore. Cet hiver, la Police communale du commerce avait refusé un dossier pour ­organiser deux soirées dansantes avec écouteurs sur les oreilles. Elles étaient prévues cet été sur des terrasses et un rooftop jusqu'à 5 h du matin en plein quartier du Flon. Là même où bars et clubs rythment l'espace. Les pierres d'achoppement? L'heure tardive et le lieu, à savoir un toit en terrasse. L'administration expliquait prendre en considération les plaintes des riverains.

Mais à la suite d'un article de «20 minutes», le 3 février dernier, plusieurs médias étrangers se sont moqués de la capitale vaudoise, poussant la Police du commerce à clamer officiellement qu'elle n'était pas opposée à ce type d'animation (lire encadré).

L'organisateur Olivier Meylan a alors saisi la balle au bond, avec un nouveau dossier déposé mais en changeant de lieu et d'horaire. Bien lui en a pris: les autorités lausannoises l'ont autorisé à organiser une silent party jusqu'à 2 h (arrêt de la musique dans les casques trente minutes avant) le 27 mai sur l'esplanade de la Cathédrale, une terrasse qui surplombe une zone d'habitation. Avec une alternative en cas de mauvais temps, le vendredi suivant, 3 juin, au même endroit. «Quand on interdit, on nous critique. Et lorsqu'on autorise aussi?» réagit le municipal de la Police du commerce, Marc Vuilleumier, pourtant surpris quand nous lui avons révélé l'endroit choisi par téléphone jeudi passé. Il explique que du moment que chacun des services communaux concernés a donné son aval, le dossier est validé par la Police du commerce sans remonter à lui.

«Tester d'abord, avant de vouloir interdire ou restreindre»

La Police lausannoise du commerce change d'attitude. Lors de la première silent party, organisée par une brasserie dans le parc de Montbenon en août 2015, elle avait d'abord donné son aval jusqu'à 23h30 seulement, avant d'accepter un horaire élargi. Cet hiver, elle a proposé à Olivier Meylan qu'il aille loin du centre, à Vidy, plutôt qu'au centre ville.

Selon l'organisateur, il faut tenter d'animer un lieu urbain en plein air, avec un impact sonore minimal grâce aux casques,avant d'envisager une interdiction: «On tirera ensuite un bilan. Si on devait faire face à une avalanche de plaintes, on n'insisterait pas. Mais à Lausanne, je ne voulais pas rester sur un échec après le refus de cet hiver.»

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