Actualisé 07.03.2013 à 15:13

Ecoutes téléphoniques

Silvio Berlusconi condamné à un an de prison

Le Cavaliere était mis en cause pour son rôle dans la publication par des médias d'écoutes téléphoniques concernant une tentative de rachat de la banque BNL par l'assureur Unipol.

Il s'agit du premier de trois verdicts attendus ce mois-ci pour le Cavaliere. Les deux autres concernent le procès en appel pour fraude fiscale (Mediaset) où il a été condamné à un an en première instance en octobre, et celui en première instance pour prostitution de mineure et abus de pouvoir (Rubygate).

M. Berlusconi était jugé en raison de la publication fin 2005 par le journal de sa famille, «Il Giornale», de retranscriptions de conversations couvertes par le secret de l'instruction.

Préjudice à l'ancien chef de la gauche

Ces écoutes montraient une forte connivence entre le chef de la gauche de l'époque, Piero Fasino, et le président de l'assureur Unipol, Giovanni Consorte, alors que cette compagnie avait lancé une OPA sur la banque BNL. Dans la conversation, M. Fassino déclarait à M. Consorte: «Maintenant nous avons une banque».

Selon l'accusation, la décision de publier cette écoute avait été prise lors d'une rencontre entre M. Berlusconi et son frère Paolo propriétaire du «Giornale» le 24 décembre 2005. Le parquet avait requis trois ans et trois mois de réclusion contre Paolo Berlusconi qui a été condamné à deux ans et trois mois.

Pour le parquet, l'affaire «ne consiste pas seulement en une fuite d'informations» mais avait porté préjudice à «Fassino, à l'époque chef de l'opposition», et ce, quelques mois avant les législatives de 2006 remportées de justesse par la gauche qui était avant l'affaire Unipol largement en tête dans les sondages.

Silvio Berlusconi devra donc verser 80'000 euros d'indemnisation à M. Fassino. Ce dernier, désormais syndic de Turin, s'est félicité d'un jugement qui «rétablit la vérité et la justice» et confirme «à quel point la politique italienne a été polluée par les pratiques illicites à cette époque».

Décision politique

Le magnat des télécommunications a de son côté une nouvelle fois dénoncé la «partialité» de magistrats motivés, selon lui, par des considérations politiques. «Il est vraiment impossible de tolérer une telle persécution judiciaire qui dure depuis vingt ans et qui est ravivée à chaque fois qu'il y a des moments particulièrement complexes dans la vie politique du pays», a-t-il dit dans un communiqué.

Son parti, le Peuple de la liberté (PDL), a annoncé une grande manifestation le 23 mars présentée par les médias italiens comme visant les juges.

Son avocat, Piero Longo, a dit ne pas être étonné de la décision des juges milanais. «Mais je suis inquiet et consterné car pour moi les éléments à charge étaient faibles, contradictoires, voire totalement inexistants», a-t-il ajouté.

Bientôt la prescription

La défense du Cavaliere a en outre rappelé que l'un des juges qui a prononcé le verdict de jeudi fait l'objet d'une demande de récusation (rejetée en appel) actuellement examinée par la Cour de cassation. «Si ce recours était accueilli, la sentence (de jeudi) serait annulée».

Quoi qu'il en soit, «Sua Emittenza» ne risque pas d'aller en prison. Il devrait faire appel. Le recours en appel est suspensif de la peine en Italie tout comme le recours ultérieur éventuel devant la Cour de Cassation, presque systématique dans la péninsule. En outre, l'affaire devrait être frappée de prescription en juillet ou au plus tard en août.

Blanchi dans l'affaire Mediatrade

Dans une autre affaire, la Cour de cassation a définitivement acquitté dans la nuit de mercredi à jeudi le Cavaliere dans le procès Mediatrade dans lequel il était soupçonné de fraude fiscale. Il avait déjà été acquitté en appel en juin 2012 mais le parquet s'était pourvu en cassation.

Filiale droits de diffusion de Mediaset, Mediatrade était accusée d'avoir acquis des droits de diffusion de films à des prix artificiellement gonflés afin de frauder le fisc à hauteur de 10 millions d'euros en 2004. (ats)

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