Rapport houleux: Silvio Berlusconi «confond leadership et monarchie absolue»
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Rapport houleuxSilvio Berlusconi «confond leadership et monarchie absolue»

Silvio Berlusconi a «le devoir de gouverner» mais il doit «respecter le Parlement et la justice», a réitéré mardi soir son allié Gianfranco Fini, président de la Chambre des députés. Le chef du gouvernement italien réagit en demandant la démission de son allié politique.

par
man

Les rapports entre Silvio Berlusconi et Gianfranco Fini se sont tendus ces dernières semaines, ce dernier estimant que le chef du gouvernement plie l'action de la droite à ses propres exigences sans respect pour les institutions.

«Silvio Berlusconi a le devoir de continuer à gouverner car il a eu un large mandat populaire mais il doit respecter le Parlement et les organes judiciaires. Dans chaque démocratie celui qui détient le pouvoir exécutif doit respecter les autres pouvoirs et les contrepoids institutionnels», a déclaré M. Fini au cours d'une émission télévisée, après une journée marquée par une violente polémique dont il est à l'origine.

Propos enregistrés à son insu

M. Fini a déclaré lors d'une conversation privée, enregistrée à son insu le 6 novembre dernier lors d'une réunion à Pescara, sur la côte adriatique, que Silvio Berlusconi «confond leadership et monarchie absolue». Le micro posé devant le président de la Chambre des députés était resté allumé sans que ce dernier s'en aperçoive.

Silvio Berlusconi «confond le consensus populaire, dont il dispose naturellement et qui lui donne la légitimité pour gouverner, avec une sorte d'immunité par rapport à toutes les autorités de garantie et de contrôle, la magistrature, la Cour des comptes, la Cassation, le chef de l'Etat, le Parlement», a-t-il dit à cette occasion.

Ses propos ont été publiés sur le site internet du quotidien de gauche La Repubblica.

«Je lui ai dit qu'il confond le leadership avec la monarchie absolue, puis en privé je lui ai dit 'Souviens-toi qu'on lui a coupé la tête' (probablement une allusion à Louis XVI, ndlr) et reste calme», a poursuivi M. Fini, également cofondateur avec Silvio Berlusconi du parti du Peuple de la liberté (PDL).

Interrogé sur ces propos au cours de son intervention téléphonique dans l'émission Ballarò de la télévision publique Rai, M. Fini a estimé ne rien devoir expliquer. «Sur la vidéo volée, je n'ai rien à clarifier, je ne dois donner aucune explication», a-t-il déclaré.

«Gianfranco devrait démissionner»

Silvio Berlusconi est arrivé à la conclusion que le rapport avec son allié politique n'est plus récupérable, explique le quotidien La Repubblica. Les propos tenus par Gianfranco Fini hors antenne sont considérés «inacceptables» par le chef du gouvernement. Ce dernier, décidé à aller jusqu'au bout, selon le journal transalpin, a trouvé «choquant» entendre Fini «parler avec tant de désinvolture du Président du Conseil avec un magistrat connu le jour même».

Les propos tenus hors antenne par Gianfranco Fini:

(man/afp)

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