Actualisé 06.10.2018 à 18:13

FootballSilvio Berlusconi dérape déjà

Propriétaire du SS Monza, Silvio Berlusconi veut «des jeunes Italiens, sans barbe ni tatouage». Est-ce vraiment du football?

von
Mathieu Aeschmann

Le Cavaliere est de retour dans le football professionnel et, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il est bien décidé à utiliser sa caisse de résonance à des fins politiques. Propriétaire du SS Monza (3e division italienne) depuis quelques jours, Silvio Berlusconi a ainsi profité d'une réunion de son parti Forza Italia pour donner les contours de son futur effectif.

«Ce sera une équipe jeune et composée uniquement de joueurs italiens», a-t-il d'abord précisé afin de coller au plus près des élans nationalistes de son électorat. La suite fut plus pittoresque, quelque part entre délire hygiéniste et culte du «c'était mieux avant». «Ils devront avoir les cheveux en ordre, il y a déjà un coiffeur à Monza qui a dit qu'il leur fera les coupes gratuitement. Pas de barbe ni de tatouages, tout comme ils ne devront pas porter fièrement diverses boucles d'oreilles.»

"Différent du foot actuel"

Voilà pour le profil physique, place à son pendant comportemental. «Ce seront des exemples de courtoisie sur le terrain. Ils s'excuseront auprès des adversaires en cas de faute et traiteront l'arbitre comme un gentleman. Si on leur demande des autographes, ils ne feront pas de dessin mais écriront de manière lisible leur nom et prénom et seront toujours vêtus avec sobriété et goût. Je veux quelque chose de différent du foot actuel.»

Passé la stupeur, il nous vient cette question: le SS Monza aura-t-il pour fonction de gagner des matches? Ou son existence sera-t-elle réduite à sa seule fonction d'objet de propagande politique?

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