Saut à ski: Simon Ammann a cédé sa place dans la lumière
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Saut à skiSimon Ammann a cédé sa place dans la lumière

Trahi par ses chaussures, Simon Ammann (23e) n'avait aucune chance face au Polonais Kamil Stoch, titré samedi sur le grand tremplin après avoir déjà conquis l'or sur le petit.

par
J.-Ph. Pressl-Wenger
Krasnaya Polyana
Sur les tremplins du RusSki Gorki Center, rien n'a fonctionné comme prévu pour le Saint-Gallois.

Sur les tremplins du RusSki Gorki Center, rien n'a fonctionné comme prévu pour le Saint-Gallois.

Simon Ammann est apparu complètement effondré à l'issue du concours au grand tremplin des JO Sotchi, à l'issue duquel il a sombré au 23e rang. Le Suisse a pourtant connu ce sentiment de joie. Cette fierté qui vous envahit quand vous montez deux fois de suite sur la plus haute marche d'un podium olympique. Samedi, cet honneur est revenu au Polonais Kamil Stoch, qui est devenu le troisième sauteur de l'histoire à s'imposer sur le petit et le grand tremplin lors de la même olympiade. Le fantasque Finlandais Matti Nykänen y était parvenu en 1988 alors que Simon Ammann avait réussi le doublé en 2002 et 2010.

Samedi, tout comme après son échec au petit tremplin, le Saint-Gallois n'a pas réussi à retenir ses larmes au moment d'expliquer ses contre-performances. «Nous ne voulions pas en parler avant les concours, mais j'ai connu des problèmes avec mes chaussures, a-t-il révélé. Et lorsqu'un seul maillon de la chaîne qui doit vous mener au succès casse, c'est très difficile de retourner la situation à votre avantage.» Peu à l'aise, Ammann avait élaboré deux plans pour tenter de compenser son problème de chaussures. Mais aucun des deux n'a fonctionné. «On a travaillé tellement dur pendant trois ans, et au dernier moment, tout s'écroule, a sangloté le quadruple champion olympique. Et je me retrouve sans rien. Pourtant j'étais un des athlètes les mieux préparés et avec mon histoire olympique, j'étais celui qui pouvait me battre avec Kamil Stoch.»

Enorme déception

Le sauteur du Toggenburg aime passionnément son sport, mais regrette parfois que l'exposition médiatique ne soit effective exclusivement sur les compétitions. «Ce qui est difficile en saut à skis, c'est que le public ne se rend pas compte de l'énormité de la tâche en préparation. Il ne peut pas voir que j'ai de mauvaises sensations.» Les bons résultats engrangés entre Vancouver et Sotchi avaient fait naître des espoirs légitimes dans le cœur du champion. De quoi rendre encore plus amère la déroute vécue en Russie. «C'est vraiment dommage pour cette connexion entre moi et la Suisse. Chacun attendait de moi une médaille… Je ne peux pas expliquer ce qui se passe en moi en ce moment», a-t-il encore ajouté extrêmement ému.

Dans le tourbillon des émotions, Ammann n'a pas évoqué son avenir dans le détail. Avant d'arriver en Russie, il avait toutefois assuré que ces JO seraient ses derniers. Mais lorsque l'on voit le Japonais Noriaki Kasai se parer d'argent sur le grand tremplin à 41 ans, on imagine que le sauteur saint-gallois, 32 ans, pourrait encore faire des étincelles dans quatre ans en Corée du Sud. La passion vous pousse parfois à prendre des décisions un peu folles.

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