Coupe du monde de saut à Engelberg: Simon Ammann veut prolonger l'état de grâce
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Coupe du monde de saut à EngelbergSimon Ammann veut prolonger l'état de grâce

Le Saint-Gallois se présente ce week-end à Engelberg avec l'assurance que lui confère son statut de leader de la Coupe du monde de saut.

Ses adversaires hésitent entre admiration et récriminations. Samedi dernier à Pragelato (It), concours dominé de façon presque insolente par Ammann avec un record du tremplin à 144 m, l'Autrichien Gregor Schlierenzauer et son entraîneur Alexander Pointner se sont plaints de l'«aveuglement» des juges. Ils auraient oublié de sanctionner une touchette de la main du Saint-Gallois lors d'une réception.

«Il y a apparemment de la nervosité», s'est amusé l'intéressé. Ammann a la franchise du vainqueur: «J'aimerais encore une fois marquer les esprits avant la Tournée des Quatre-Tremplins», dit-il. Deuxième en 2001 et 2006 à Engelberg, le planeur du Toggenbourg ne peut avoir qu'un but cette année: «J'aimerais gagner à domicile.»

Plus explosif

Il aura deux occasions d'y parvenir, samedi et dimanche. L'an dernier, après le succès de l'Autrichien Thomas Morgenstern samedi, Andreas Küttel s'était imposé le lendemain. Le Schwytzois est en retrait en ce début de saison, mais Ammann fait à lui seul le beurre des organisateurs, qui annoncent une ruée sans précédent sur les billets (20 000 places disposnibles).

Avec trois succès en cinq épreuves cette saison, le St-Gallois récolte les fruits de son travail estival, qui lui a permis de nettement améliorer son explosivité. Son changement de marque de skis, d'Elan à Fischer, et une meilleure position sur le tremplin lui apportent par ailleurs une plus grande vitesse d'élan, son point faible jusqu'à présent. Un petit km/h de plus peut faire jusqu'à 5 m de différence.

«J'ai déjà vu vraiment beaucoup de choses dans ma carrière, mais être le meilleur sauteur du monde sur plusieurs semaines représente une sensation nouvelle pour moi. Et je n'ai pas le sentiment que tout pourrait être fini demain», assure le champion du monde au grand tremplin. Ammann affiche en ce moment une régularité digne d'un Adam Malysz ou d'un Janne Ahonen, des sauteurs qu'il a toujours admirés pour cette qualité qui lui a souvent fait défaut par le passé.

Minutieux

Le nouvel entraîneur des Suisses Martin Künzle a eu l'intelligence de ne pas vouloir réinventer la roue. Il a travaillé sur le plan technique dans la continuité de ses prédécesseurs Werner Schuster et Berni Schödler, une constance qui paie.

«Le nouvel envol de Simon est le fruit d'un travail minutieux», explique le chef de discipline des Suisses Gary Furrer. Aux JO de 2002, Ammann a dû son triomphe en premier lieu à son insouciance, à son talent et à son poids plume. Aujourd'hui, sur la base du nouveau règlement qui impose un indice de masse corporelle minimum, il ne pourrait plus s'aligner sans être pénalisé avec ses mensurations de l'époque. Mais Ammann a su s'adapter en prenant du muscle.

«J'ai rarement vu quelqu'un sauter aussi bien», admire Martin Künzle. Gary Furrer parle lui d'un «état de grâce». Puisse-t-il durer au moins jusqu'à la fin de la saison, pour, peut-être, une première victoire au général de la Coupe du monde pour Simon Ammann.

Programme

Dimanche 21 décembre. 12h15: qualifications pour l'épreuve de saut de dimanche. 13h45: 1re manche, suivie de la 2e manche avec les 30 meilleurs.

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