Cinéma - «Simuler un viol a été la chose la plus éprouvante de ma carrière»
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Cinéma«Simuler un viol a été la chose la plus éprouvante de ma carrière»

Mannequin, actrice, musicienne et même scientifique: Kota Eberhardt a fait forte impression au Festival de Locarno.

par
Marine Guillain, Locarno
Nous avons rencontré la talentueuse Kota Eberhardt au Festival de Locarno.

Nous avons rencontré la talentueuse Kota Eberhardt au Festival de Locarno.

MaG

«Oh, j'adore ton piercing!», lance Kota Eberhardt en débarquant dans le hall de l'hôtel où a lieu l'interview, sur les hauts de Locarno. Volubile, l'Américaine de 32 ans nous montre son tatouage sur la nuque - un onze - , nous présente son équipe, parle de ses impressions sur la Suisse qu'elle découvre, tente quelques mots en français. Elle est aussi sublime qu'atypique, avec sa combinaison mauve transparente, ses boucles peroxydées qui contrastent avec son teint hâlé, et ses yeux de différentes couleurs.

Après avoir joué dans «X-Men: Dark Phoenix», Kota Eberhardt s'illustre dans un tout autre registre avec «She Will», thriller horrifique fantastique présenté hors compétition au Festival de Locarno. Elle y joue une infirmière qui s'occupe d'une actrice âgée, venant de subir une double mastectomie. Deux femmes venant d'univers très différents, qui ont chacune vécu un traumatisme... Nous nous installons sur la terrasse avec vue sur le lac Majeur et les montagnes pour en parler.

Que raconte «She Will» à propos des femmes?

Il dit quelque chose comme «Attention! Quand une femme est en feu, vous ne savez pas ce qu'il peut se passer!»

Une scène particulièrement intense est celle où votre personnage se fait violer: comment l’avez vous vécue?

Oh mon Dieu! Vous imaginez? C'était violent. L'acteur qui jouait avec moi était adorable, il me demandait tout le temps si ça allait, si je supportais. Il a fallu faire plusieurs prises et ça a duré toute une journée. C’est l’expérience la plus éprouvante de ma carrière!

En retirez-vous aussi du positif?

En tant que femme, c'est une histoire que nous devons raconter. Il y a tellement de femmes qui ont subi un traumatisme, dont les droits humains fondamentaux ont été bafoués. En tournant cette scène, j'ai réalisé que je devenais la porte-parole de toutes ces victimes.

Une expérience très différente de celle que vous avez vécue sur le tournage de «X-Men: Dark Phoenix»?

Oui! Surtout parce que sur le tournage de «X-Men», il y a avait plein de gens qui venaient de partout, qui n’avaient rien à voir les uns avec les autres, ça créait parfois des tensions et on n’avait pas le temps de les connaître. Là c’était très différent, on était plutôt comme une petite famille. C'est comme être dans une grande ou une petite cuisine.

Vous avez commencé une carrière de mannequin avant d’être actrice…

J'étais même scientifique! Je sais, ça surprend, j'ai eu plein de vies. Je fais aussi de la musique, je chante et je compose. Parfois, on se focalise sur une seule chose alors que tout est possible, du moment que l’on ne se pose pas de limites.

Kota Eberhardt (à g.), avec l’actrice Alice Krige et la réalisatrice de «She Will»,Charlotte Colbert.

Kota Eberhardt (à g.), avec l’actrice Alice Krige et la réalisatrice de «She Will»,Charlotte Colbert.

Locarno Film Festival / Ti-Press / Massimo Pedrazzini

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