Football - Sion s’est fait hara-kiri
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FootballSion s’est fait hara-kiri

Incapable de battre Lucerne (1-1) alors que l’occasion lui était offerte de quitter la dernière place en cas de succès, le club valaisan a connu une soirée cauchemardesque. Il pourrait être relégué samedi à Lugano.

par
Nicolas Jacquier
(Sion)
Varol Tasar n’était pas hors-jeu.

Varol Tasar n’était pas hors-jeu.

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Ce mercredi, le FC Sion se retrouvait face à une situation qu’il avait déjà connue récemment. Pour lui, la possibilité d’abandonner une place de lanterne rouge qu’il occupe depuis le 4 avril et sa défaite 3-0 contre YB s’était présentée une première fois au début du mois mais ses joueurs n’avaient alors pas su en profiter. Après une défaite de Vaduz le samedi, Sion n’avait pas réussi à décrocher le dimanche contre Lausanne cette victoire qui lui aurait permis de quitter la dernière place pour endosser le rôle de barragiste. Le 2 mai, il avait dû se contenter d’un match nul (1-1) qui ne faisait pas ses affaires.

Dix jours plus tard, la même configuration, le même scénario, la même occasion de faire un pas peut-être décisif vers le maintien à condition de ne pas craquer… Au lendemain de la défaite des Liechtensteinois, battus 2-0 par YB non sans avoir fait souffrir le leader en ouverture de l’antépénultième journée, Sion se devait de battre Lucerne pour respirer mieux en laissant Vaduz derrière lui. Au moins les données avaient-elles l’avantage d’être claires au coup d’envoi…

Equipe reconduite

A Tourbillon, où les Valaisans n’avaient fêté qu’une victoire en 2021 (3-2 contre Saint-Gall), Marco Walker a reconduit la même équipe qu’au kybunpark, une «première» dans la saison tourmentée du FC Sion. Idéalement, le successeur de Grosso aurait aimé pouvoir compter sur Lacroix dans l’axe central mais le défenseur s’avère toujours indisponible. Comme trois jours plus tôt, Sion a accepté de subir dans l’espoir de mieux se déployer en contres ou de spéculer sur une balle arrêtée. Un jeu dangereux face à la force de frappe des visiteurs.

A la mi-temps, les Valaisans pouvaient remercier Fickentscher sans les parades duquel ils auraient déjà regagné les vestiaires mené au score. D’une détente acrobatique, le portier commença par détourner une tête de Schürpf (21e) avant de s’illustrer sur une frappe à bout portant de Ndiaye (32e), puis de jouer des claquettes sur un violent tir de Schwegler (35e). Entre-temps, Iapichino, surpris par le rebond, avait failli tromper son propre gardien.

En face? Pas grand-chose sinon rien. La production offensive s’est limitée à un centre de Grgic que ni Karlen ni Hoarau ne purent dévier. Et à un ballon aérien relâché par Müller sans qu’Hoarau ne puisse s’en emparer (28e). Très clairement insuffisant pour une équipe condamnée à l’emporter, ce dont pouvait témoigner la statistique des tirs, très favorable à Lucerne (11 à 1, 59% de possession). Dans l’attente d’un but libérateur, tout cela avait été bien sûr terriblement crispant, source de tensions perceptibles jusque dans les tribunes.

Inévitable Tasar

Et cela allait l’être encore davantage quand l’inévitable Tasar, sur une première frappe de Ndiaye, pouvait exploiter un renvoi de Fickentscher sans que la VAR n’intervienne pour sanctionner le hors-jeu réclamé par les Valaisans. Déjà compliquée avant cela, la mission devenait quasi impossible dès la reprise.

Sion s’y employa avec l’énergie du désespoir et ce qui lui restait de lucidité mais d’abord sans trop y croire. D’où une curieuse et assez détestable impression: alors que Lucerne a joué pour l’Europe en délogeant Servette pour s’installer sur le podium, on n’a pas eu le sentiment que son hôte jouait lui pour sa survie en Super League et que ses joueurs étaient vraiment prêts à laisser leurs tripes sur la pelouse. Il faut croire que la victoire à Saint-Gall a laissé des traces dans les organismes.

Un point qui fait son malheur

Il y a bien eu d’abord cette déviation d’Uldrikis mourant sur la base du poteau (78e), puis une tête de Hoarau (80e) avant l’égalisation signée Khasa, servie par Tosetti. Un but qui allait enfin réveiller les acteurs – et le public présent – pour un final haletant qui ne devait au final que raviver les regrets valaisans. En arrachant un point qu’il ne méritait peut-être pas au vu de sa prestation, le locataire de Tourbillon peut encore espérer se sauver mais son absence de marge de manoeuvre le condamne à évoluer dorénavant au bord du gouffre.

Sion devait gagner, il n’a pu obtenir qu’un point chanceux qui fait paradoxalement son malheur. La lanterne rouge pourrait être reléguée dès samedi à Lugano. Dans 72 heures, Sion aura urgemment besoin d’un double coup de pouce romand, avec Lausanne attendu à Saint-Gall et Servette qui se déplacera à Vaduz pour tenter de ne pas tout perdre. Mais Sion, engagé au même moment à Lugano, aura surtout besoin de ressembler à une équipe, ce qu’il n’a été que très épisodiquement en ce mercredi soir de désolation. Car au Tessin, seule la victoire, désormais indispensable, sera jolie. Faute de quoi…

Sion - Lucerne 1-1 (0-0)

Tourbillon, 100 spectateurs. Arbitre: M. San.

Buts: 49e Tasar 0-1, 89e Khasa 1-1.

Sion: Fickentscher; Martic (73e Uldrikis), Cavaré, Ndoye, Iapichino (73e Theler); Khasa, Araz, Grgic (82e Zock), Tosetti; Karlen (64e Baltazar), Hoarau. Entraîneur: M. Walker.

Lucerne: Müller; Schwegler, Lucas, Burch, Sidler; Tasar (82e Lang), Ugrinic, Wehrmann (75e Emini), Schürpf; Sorgic (75e Alounga), Ndiaye. Entraîneur: F. Celestini.

Notes: Sion sans Abdellaoui, Bamert, Lacroix, Kabashi, Wesley, Tupta (blessés), Serey Die (convalescent). Lucerne sans Frydek, Alabi, Binous, Ndenge, Schulz, Schaub (blessés). 53e: but de Schürpf annulé pour hors-jeu. Avertissements: 29e Burch, 72e Araz, 83e Baltazar.

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