Actualisé 24.02.2016 à 11:45

Europa LeagueSion va jouer «une finale de Coupe»

Le Stade municipal de Braga et sa paroi rocheuse seront le théâtre des 16es retour de l'Europa League mercredi dès 18h. Le FC Sion, privé de trois défenseurs, est au pied d'une montagne.

von
Tim Guillemin
Braga
Le millier de supporters valaisans assisteront au match depuis le haut de la tribune, tout à l'extrémité. Auront-ils assez de voix pour pousser le onze sédunois à l'exploit? Réponse dès 18h!

Le millier de supporters valaisans assisteront au match depuis le haut de la tribune, tout à l'extrémité. Auront-ils assez de voix pour pousser le onze sédunois à l'exploit? Réponse dès 18h!

photo: Keystone/Jen-christophe Bott

C'est un bel endroit pour mourir et sortir en beauté d'une campagne européenne très satisfaisante. Braga est une jolie petite ville du nord du Portugal, très accueillante. Son stade, mondialement connu, est un écrin étonnant. Il y a cette paroi rocheuse, bien sûr, mais il y aussi et surtout cette tribune vertigineuse, du côté latéral. Les 30'000 places du Stade municipal de Braga offrent toutes une vision parfaite sur le terrain, mais, disons-le ainsi, l'enceinte est pentue. Très pentue, même. En la découvrant mardi, bien des joueurs du FC Sion ont levé les yeux au ciel, se demandant où pouvaient bien se terminer les impressionnantes rangées de sièges.

Le FC Sion se retrouve donc dans un décor parfait pour tirer sa révérence. Personne, d'ailleurs, n'en voudra aux Valaisans de dire au revoir à l'Europe ici même. Le Sporting Braga est le quatrième meilleur club portugais, un championnat supérieur à la Super League helvétique et une élimination ici serait logique compte tenu des forces en présence. Alors, un scénario écrit d'avance?

Non, désolé. D'accord, en toute logique, le FC Sion doit perdre ici, rentrer en avion et se préparer à gagner la Coupe de Suisse pour retrouver l'Europe. Mais il y a une chose que le Sporting Braga ne sait pas, ou pas suffisamment: Sion s'apprête à jouer une finale de Coupe. Et ce sentiment-là, en Valais, défie toute logique. Les histoires écrites d'avance tombent à l'eau, les pronostics deviennent de vastes farces. Le FC Sion est conditionné pour réussir.

Veroljub Salatic ne s'y est d'ailleurs pas trompé mardi. Lorsque lui a été posée la question de savoir comment le FC Sion pouvait marquer deux buts à Braga, l'objectif minimum pour se qualifier après le 1-2 de l'aller, le capitaine sédunois a immédiatement invoqué la magie de la Coupe: «On doit s'inspirer de ce qu'on a fait en juin à Bâle. On doit mettre la pression d'entrée. Attaquer en équipe.» Ce ne sont pas des paroles en l'air. Sion l'a fait au Parc Saint-Jacques, un écrin au moins aussi intimidant que le Stade municipal de Braga, face à une équipe rhénane au moins aussi forte que l'adversaire portugais du jour.

La seule différence, mais elle est de taille, c'est que le FC Sion arrivait en pleine forme et gonflé à bloc en finale de Coupe. Le club valaisan, aujourd'hui, est un peu plus mal en point. Une seule preuve? Didier Tholot sera privé de trois défenseurs titulaires ce mercredi! Elsad Zverotic, Reto Ziegler et Léo Lacroix manquent tous à l'appel, et cela fait évidemment beaucoup. On ne va bien sûr pas dénigrer Vincent Rüfli (auteur d'un bon match à l'aller, d'ailleurs), Vilmos Vanczak et Birama Ndoye, les trois hommes pressentis pour débuter mercredi, mais Sion, disons-le clairement, est amputé de beaucoup de forces vives à l'heure d'affronter Braga et de tenter de surmonter le déficit de l'aller.

Un autre problème, comme si cela ne suffisait pas? Le Sporting Braga est en pleine forme. Les Valaisans ont pu le constater: bousculer cette équipe, comme à l'aller à Tourbillon, ne suffit pas. Les Portugais ont été sonnés jeudi dernier et auraient largement dû s'incliner si Moussa Konaté, Ebenezer Assifuah et Theofanis Gekas avaient été plus réalistes. Mais au final, ils ont gagné 1-2 et ont déjà joué passablement de matches en 2016. Ils sont dans une bonne dynamique, et même le derby très accroché de dimanche face à Vitoria Guimaraes (3-3) n'a pas laissé trop de traces.

Pourquoi? Tout simplement parce que Paulo Fonseca, l'entraîneur de Braga, a pu reposer une grande partie de ses cadres, lui qui dispose d'un effectif très équilibré. Le phénomène Rafa Silva n'a joué que vingt minutes, le solide défenseur Willy Boly pas du tout et huit des titulaires de jeudi dernier à Tourbillon n'ont pas commencé la rencontre de dimanche. Bref, tout va bien pour le Sporting Braga, merci pour lui.

Oui, le FC Sion est bel et bien au pied d'une montagne. Mais escalader une paroi rocheuse, même impressionnante, voilà qui n'a pas de quoi faire peur à une troupe de Valaisans. Car de Saint-Maurice à Brigue, on le sait bien: la montagne, ça se respecte, mais il y a quand même toujours un drapeau valaisan planté au sommet.

Un millier de Valaisans attendus

Ils ont déjà commencé à envahir les rues de Braga mardi dans la journée. Les supporters du FC Sion seront logés tout en haut de l'imposant Stade Municipal, dans le coin supérieur droit de la tribune opposée. A côté d'eux, la spectaculaire paroi de roches. Des dizaines de mètres plus bas, le terrain, où les 1000 fans valaisans attendus espèrent voir les leurs réaliser un exploit gigantesque.

L'équipe probable

Vanins; Rüfli, Vanczak, Ndoye, Pa Modou; Salatic, Fernandes; Assifuah, Bia, Carlitos; Konaté.

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