Actualisé 01.03.2016 à 20:03

Suisse

Sirènes et feux bleus: finie la peur du radar

Le Parlement a retiré mardi l'épée de Damoclès qui pendait au-dessus de la tête des intervenants d'urgence. Ils travailleront plus détendus.

de
David Maccabez

Max Hofmann, secrétaire général de la Fédération suisses des fonctionnaires de police, est soulagé: «Les politiciens fédéraux ont compris qu'il y avait un bug à corriger. Nous pourrons travailler avec moins de soucis et avec l'impression que nous sommes protégés.» Depuis 2013, les règles en matière de sécurité routière se sont durcies. Les délits de chauffards, par exemple rouler à 70km/h dans une zone 30, sont notamment punis d'une peine plancher d'un an de prison (avec sursis si le conducteur n'a aucun antécédent).

Jusqu'à mardi, aucune exception n'était prévue pour les courses d'urgence. Les Chambres fédérales ont gommé cette «erreur», dans le cadre de la révision de la loi sur les douanes. Si un policier, un ambulancier, un douanier ou un pompier se fait flasher, les juges pourront atténuer la peine et les autorités administratives réduire la durée minimale du retrait du permis. Dans les cas de peu de gravité, il pourrait même ne pas y avoir de sanctions. Ils pourront même, si la mission le demande, se passer de feux bleus et de sirènes.

Jean-Marie Bornet, porte-parole de la police cantonale valaisanne, attend de voir comment Berne modifiera concrètement Via Sicura avant de crier victoire. Il reconnaît toutefois «un pas important pour mener à bien les missions d'urgence sans pression». Il rappelle toutefois que les risques inconsidérés et injustifiés en intervention ne sont jamais tolérés.

Douaniers autorisés à jouer les espions

Parmi les dispositions votées mardi, le Parlement a décidé d'autoriser les agents de l'Administration fédérale des douanes à filmer ou enregistrer des personnes ou des objets dans le cadre d'enquêtes pénales. Ils pourront aussi confisquer provisoirement des biens ou de valeurs patrimoniales. Pour des raisons de confidentialité, les douanes suisses ne seront pas autorisées à transmettre directement et sans procédure particulière, des informations et des documents obtenus sans contrainte à d'autres autorités, suisses ou étrangères.

Via Sicura peine à tenir la route

A peine trois ans après son entrée en vigueur, Via Sicura vacille déjà. En décembre dernier, le Conseil national a accepté une initiative parlementaire de Fabio Regazzi (PDC/TI) souhaitant supprimer «le caractère mécanique et excessif des mesures contre les chauffards». Le Conseil des Etats doit encore se prononcer. Une initiative populaire, qui demande par exemple que la peine plancher ne soit pas de la prison mais des jours-amende, est par ailleurs en cours de récolte de signatures.

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