Actualisé 04.08.2013 à 07:05

EnseignementSituation tendue en Suisse romande

La rentrée scolaire approche en Suisse, charriant dans son sillage un thème récurrent: la pénurie d'enseignants.

En Suisse romande, la situation demeure «très tendue», notamment concernant les remplaçants formés, indique le Syndicat des enseignants romands (SER).

Le développement d'une formation spécialisée de «remplaçant professionnel» pourrait éventuellement remédier à cette situation, suggère Jean-Marc Haller, secrétaire général du SER, contacté par l'ats. La gestion des effectifs s'en trouverait toutefois alourdie: difficile par exemple de prévoir le nombre de ces enseignants et la durée de leur engagement en cas d'absence d'un titulaire.

Le SER considère par ailleurs que certaines mesures visant à réduire les besoins en instituteurs et professeurs, souvent évoquées ou appliquées, ne sont pas appropriées. Pour lui, les établissements scolaires doivent veiller à ne pas augmenter le nombre d'élèves dans les classes, ni embaucher du personnel trop peu formé.

Dilemme

Ce dernier point place toutefois l'association des directeurs d'établissements scolaires de Suisse (VSLCH) devant un dilemme. La Constitution fédérale prescrit qu'un enseignant doit être attribué à chaque classe. En cas de pénurie d'enseignants, une solution s'impose donc: engager du personnel dont le profil ne correspond pas entièrement au poste.

Il arrive de plus en plus fréquemment que des enseignants instruisent à un niveau scolaire pour lequel ils ne sont pas formés. Cela signifie par exemple que des instituteurs d'école primaire dispensent des cours dans des classes secondaires. A la clé, de l'insatisfaction parmi les élèves et les enseignants, et une baisse de la qualité, selon un sondage réalisé en mai par la VSLCH.

Selon les cantons

La pénurie d'enseignants touche davantage certains niveaux scolaires et régions que d'autres. Elle concerne plus le secondaire I pour certaines disciplines, les deuxièmes langues par exemple, et certains cantons, indique M. Haller, sans donner davantage de précisions. Les causes en sont également multiples.

A Genève, un nombre inhabituellement élevé d'enseignants a demandé cette année à bénéficier du plan d'encouragement à la retraite anticipée, craignant les durcissements à venir de la législation dans le domaine. La prochaine rentrée n'en ressent toutefois pas les effets négatifs, et «se passe bien», indique Laurent Vité, président de la Société pédagogique genevoise (SPG).

Genève: incertitudes pour 2014 et 2015

L'horizon s'assombrit en revanche pour les rentrées scolaires 2014 et 2015. Quelque 200 postes supplémentaires devront être repourvus pour l'automne 2014, afin de combler les besoins créés par l'introduction de l'école le mercredi matin pour les cinquième à huitième années, soit environ 16'000 élèves. Une augmentation du nombre d'élèves est en outre annoncée pour 2015.

Les esquisses de solutions évoquées dans le canton du bout du lac se heurtent à diverses difficultés. Pour n'en citer qu'une: il s'avère peu aisé «d'augmenter le nombre d'étudiants, car le nombre de places de stage devant les accueillir pendant leur formation est actuellement trop restreint».

Dans le canton de Fribourg, l'introduction d'une seconde année d'école enfantine - nouvellement dénommée école primaire - a créé de nouveaux besoins en enseignants. En Valais, le fait que le même diplôme permette de travailler autant au secondaire I qu'au secondaire II attire les professeurs vers le secondaire II, qui offre des salaires plus élevés, indique M. Haller.

Pire en Suisse alémanique

La Suisse alémanique a longtemps présenté des problèmes d'effectifs encore plus importants que la Suisse romande. Cela pourrait être dû au fait que les cantons d'outre-Sarine ont été pendant longtemps, contrairement aux romands, «plus rigoureux», et ont refusé d'engager des enseignants ne disposant pas des qualifications adéquates pour occuper les postes vacants, explique M. Haller.

Contraints de remédier à la situation, ils sont revenus sur leur position ces dernières années. Berne offre par exemple la possibilité aux étudiants en dernière année de prendre en charge une classe, soutenus parallèlement par la direction des écoles et les hautes écoles pédagogiques. (ats)

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