Conseil fédéral: Six candidats pour deux sièges
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Conseil fédéralSix candidats pour deux sièges

Les tractations entre partis peuvent commencer pour l'élection des remplaçants de Moritz Leuenberger et de Hans-Rudolf Merz au Conseil fédéral.

Jacqueline Fehr et Simonetta Sommaruga, dans les rangs pour le PS.

Jacqueline Fehr et Simonetta Sommaruga, dans les rangs pour le PS.

Toutes les formations en lice ont désigné leurs candidats officiels vendredi. Sans surprise, les favoris l'ont emporté.

Au PLR, l'affaire a été rondement menée pour Karin Keller-Sutter et Johann Schneider-Ammann. La conseillère d'Etat st-galloise a été élue au troisième tour par 23 voix sur 45. Pour la seconde place sur le ticket, l'industriel bernois a obtenu le même résultat, mais dès le premier tour.

«Nous sommes tous les deux un bon choix», a déclaré Karin Keller- Sutter. «J'espère que l'Assemblée fédérale ne réduira pas son choix à une question de sexe», a-t-elle ajouté. Estimant ne pas avoir d'avantage sur sa collègue de parti, Johann Schneider-Ammann a relevé: «Pour finir, ce qui compte est d'assurer le siège radical au Conseil fédéral».

Les conseillers nationaux Peter Malama (BS), Ruedi Noser (ZH) et Ignazio Cassis (TI), qui étaient aussi sur les rangs et au profil plus centriste, restent ainsi sur la touche.

Cinq tours pour la Bernoise

Au PS, où le jeu était donné plus ouvert, il a fallu cinq tours à la conseillère aux Etats Simonetta Sommaruga (BE) pour décrocher la première place sur le ticket par 26 voix sur 46. Pour la seconde place, la conseillère nationale Jacqueline Fehr (ZH) a été élue dès le premier tour avec 24 voix sur 46.

La conseillère nationale Hildegard Fässler (SG) et la ministre des finances de Bâle-Ville Eva Herzog n'ont pas fait le poids avec 11 voix chacune. Un bon résultat pour la Bâloise, a commenté le président du parti Christian Levrat, car toutes les autres disposent depuis des années d'un réseau à l'échelon fédéral.

Tout sourire, Simonetta Sommaruga s'est réjouie de la campagne et s'est dite convaincue que la compétition serait «fair» avec Jacqueline Fehr. Particulièrement contente d'avoir obtenu le soutien du groupe qui lui paraît crucial, la Zurichoise a pour sa part souligné qu'il s'agissait d'un jour historique, celui ou «le PS ouvre la porte à une majorité de femmes au Conseil fédéral».

Combat UDC

L'UDC n'en a cure. Le parti part à l'attaque en présentant le conseiller national Jean-François Rime. Son groupe parlementaire l'a décidé à l'unanimité, suivant la proposition de la direction du parti. L'entrepreneur fribourgeois briguera d'abord le siège laissé vacant par Moritz Leuenberger, puis, si cela ne marche pas, celui de Hans-Rudolf Merz.

Les Verts misent sur la conseillère nationale soleuroise Brigit Wyss pour ravir le siège libéral-radical. Désignée par le groupe à une nette majorité, cette juriste de 50 ans s'est imposée au détriment du conseiller national argovien Geri Müller et de sa collègue zurichoise Marlies Bänziger. Au Parlement depuis 2007 seulement, elle ne s'y est pas encore fait de nom.

Auditions cruciales

L'issue des élections le 22 septembre dépendra des promesses de soutien échangées entre les partis. Les auditions des groupes seront cruciales. Le PDC pourrait jouer les faiseurs de roi.

Comme prévu, son groupe parlementaire ne lance personne dans la course. Il décidera de son mot d'ordre le 21 septembre après avoir auditionné tous les candidats officiels, à savoir ceux du PS, du PLR, de l'UDC et des Verts. C'est le seul groupe à opérer de la sorte.

Le PS n'entendra que les candidats du PLR et des Verts. Ses propres poulains devraient passer sur le gril des autres partis le 14 septembre. Le groupe UDC ne recevra que les candidats des partis qui auditionneront M. Rime. Le PLR n'invitera que Simonetta Sommaruga et Jacqueline Fehr. Quant au groupe PBD, il ne se fera présenter que les candidats socialistes et radicaux.

(ats)

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