Actualisé 02.04.2020 à 16:35

Italie

Six frères et soeurs en 1re ligne face au coronavirus

Tous médecins, six membres de la même fratrie sont au front dans les hôpitaux de Turin. Ils marchent sur les traces de leur père, lui aussi médecin.

de
joc

L'hebdomadaire turinois «La Vasuva» dresse cette semaine le portrait d'une famille pas comme les autres. Davide, Barbara, Maria, Pietro, Emanuele, Maria et Alessandra Tizzani sont frères et soeurs, et ils partagent tous la même passion: la médecine. Depuis plusieurs semaines, cette fratrie spécialisée dans la médecine de premier secours est au front, en première ligne face à l'épidémie de coronavirus.

Depuis longtemps actifs dans différents hôpitaux de la région de Turin (nord), les six Italiens issus d'une fratrie de onze marchent dans les traces de leur père, lui aussi médecin. Ils se sont donnés pour mission, comme de nombreux confrères, de freiner cette épidémie dévastatrice. «Derrière les masques et les visières, on trouve de jeunes visages, tous dans les tranchées, engagés dans ce combat épuisant contre un ennemi invisible», écrit l'hebdomadaire.

Les excuses de la Commission européenne

Pendant ce temps, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a exprimé ses regrets à l'Italie pour le retard de réaction de l'UE face à la pandémie. «Je vous présente mes excuses, nous sommes avec vous»: le titre de la lettre aux Italiens de la responsable européenne est direct. «Aujourd'hui, l'Europe se mobilise aux côtés de l'Italie. Mais cela n'a pas toujours été le cas», reconnaît la responsable dans le quotidien «La Repubblica».

La semaine dernière, les 27 ne sont pas parvenus à trouver un accord pour offrir une réponse forte aux conséquences économiques de la pandémie. Une fracture était notamment apparue entre pays du Sud, comme l'Italie et l'Espagne soutenues par la France, qui réclamaient une mutualisation de la dette via des «coronabonds», et ceux du Nord qui, derrière l'Allemagne et les Pays-Bas, rejettent cette option.

Tenue par visioconférence, la réunion s'était terminée par une déclaration a minima prévoyant de se retrouver dans les deux semaines pour trouver un accord. En Italie, pays fondateur et pilier de l'Union, cet échec avait été accueilli par un vif dépit et une colère ouverte contre une Europe «laide», voire «morte».

Trop pensé aux problèmes nationaux

«Il faut reconnaître qu'au début de la crise, face au besoin d'une réponse européenne commune, beaucoup trop n'ont pensé qu'à leurs problèmes nationaux», poursuit Ursula von der Leyen. Elle termine sa lettre par les initiatives prises par l'UE pour aider les pays les plus touchés, notamment l'Italie.

L'Union va «allouer jusqu'à 100 milliards d'euros aux pays les plus durement touchés, à commencer par l'Italie, pour compenser la baisse des revenus de ceux dont les horaires de travail sont plus courts», a-t-elle notamment dit. Selon elle, l'Europe s'est aussi mise d'accord pour «des prêts garantis par tous les Etats membres, ce qui démontre la solidarité européenne». «Chaque euro encore disponible dans le budget annuel de l'UE sera dépensé pour régler cette crise», assure-t-elle encore.

«Si nous sommes une Union, le temps est venu de le prouver», a de son côté dit cette semaine le Premier ministre italien, Giuseppe Conte dans une interview à l'hebdomadaire allemand «Die Zeit». L'Italie est le pays du monde le plus endeuillé par la pandémie (plus de 13'000 morts), selon les chiffres officiels.

(joc/afp)

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!