Actualisé 27.12.2013 à 13:48

Greenpeace

Six militants quittent la Russie

Six militants de Greenpeace amnistiés, cinq Britanniques et un Canadien, ont quitté vendredi la Russie à bord d'un avion qui a décollé de Saint-Pétersbourg.

Ils ont pu rentrer chez eux 100 jours près avoir été arrêtés pour une action dans l'Arctique, a annoncé l'ONG.

Les cinq Britanniques sont sortis de l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle vers 12H30 locales (11H30 GMT), escortés par la police, a constaté une journaliste de l'AFP. Ils avaient quitté Saint-Pétersbourg peu après 11H30 locales (07H30 GMT).

Souriants, ils n'ont fait aucune déclaration. Le Canadien Alexandre Paul, resté en zone de transit, ne les accompagnait pas. «Il a été pris en charge et accompagné pour ne pas rater son prochain vol. Les cinq Britanniques vont eux continuer leur voyage en prenant l'Eurostar», le train pour Londres, a précisé à l'AFP une source aéroportuaire sur place.

Anthony Perrett, Phil Ball, Iain Rogers, Alexandra Harris, Kieron Bryan et Alexandre Paul étaient parmi 30 personnes arrêtées fin septembre après une action contre une plateforme pétrolière dans l'Arctique visant à dénoncer les risques de l'exploitation d'hydrocarbures dans cette zone aux écosystèmes particulièrement fragiles.

D'abord détenus à Mourmansk, au-delà du cercle polaire, ils avaient été transférés à Saint-Pétersbourg avant d'être remis en liberté sous caution en novembre. Ils ont bénéficié d'une amnistie votée la semaine dernière par le Parlement russe. «Nous quittons la Russie, c'est fini, nous sommes enfin complètement libres», a déclaré Alexandra Harris, citée dans un communiqué de Greenpeace. Exprimant sa reconnaissance pour les personnes ayant soutenu les militants, elle a promis qu'elle continuerait à lutter pour l'Arctique.

Jeudi soir, le Suédo-Américain d'origine russe Dmitri Litvinov avait déjà quitté la Russie à bord d'un train pour la Finlande, après avoir obtenu un visa de sortie du territoire russe. Selon l'ONG, d'autres militants, dont le capitaine du navire Peter Willcox - qui commandait déjà en 1985 un navire de Greenpeace, le Rainbow Warrior, lorsque celui-ci fut dynamité par des agents secrets français dans le port d'Auckland, en Nouvelle-Zélande - devraient aussi partir vendredi. 26 non-Russes se trouvaient parmi les 30 membres d'équipage du navire de Greenpeace Arctic Sunrise arrêtés fin septembre.

Critiques en Occident

Leur action a valu aux militants d'être dans un premier temps inculpés de piraterie, un crime passible de 15 ans de prison maximum. Puis ce chef d'inculpation a été requalifié en «hooliganisme», délit qui leur faisait encourir jusqu'à sept ans de détention.

Interpellés en mer par un commando des forces russes, ils ne disposaient pas de visa d'entrée sur le territoire russe, ce qui les empêchait aussi de le quitter. L'incarcération de l'équipe avait soulevé de nombreuses critiques en Occident, où des stars telle la chanteuse américaine Madonna ont appelé la Russie à les libérer.

L'amnistie dont ils ont bénéficié et qui a aussi permis la libération des deux jeunes femmes du groupe contestataire Pussy Riot a été interprétée, tout comme la grâce accordée par le président Vladimir Poutine à l'ex-oligarque critique du Kremlin Mikhaïl Khodorkovski, comme une expression de la volonté du Kremlin d'améliorer l'image de la Russie à l'approche des jeux Olympiques d'hiver de Sotchi. (afp)

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