Argovie - Six tentatives de meurtre? «Elle manque d’empathie envers son mari»
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ArgovieSix tentatives de meurtre? «Elle manque d’empathie envers son mari»

Une Suissesse a comparu jeudi, devant la justice argovienne, pour avoir essayé de tuer son époux à plusieurs reprises. Elle a été condamnée vendredi à 14 ans de prison, commuée en thérapie stationnaire.

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Daniel Krähenbühl/ofu
En août 2017, la maison de l’accusée avait été détruite par un incendie. 

En août 2017, la maison de l’accusée avait été détruite par un incendie.

Police cantonale argovienne

Un procès hors de commun s’est tenu jeudi, à Zofingue (AG). Sur le banc des accusés: une Suissesse de 33 ans à qui l’on reproche d’avoir tenté de tuer son époux à six reprises. Selon l’experte appelée à la barre, la prévenue souffre d’un trouble de la personnalité: «Elle manque d’empathie envers son mari et sa famille, qu’elle a énormément blessée.»

Selon l’acte d’accusation, la trentenaire aurait dans un premier temps répandu de l’argon dans la chambre à coucher. Ce gaz n’est pas dangereux à faible concentration, mais peu mener à une asphyxie par privation d’oxygène lorsqu’il est inhalé en grande quantité. Son mari avait survécu à cette première attaque. La prévenue aurait alors essayé de le tuer en lui servant à deux reprises des mets (une salade de patates et un Birecher muesli) empoisonnés. Comme ces nouvelles tentatives se sont elles aussi révélées infructueuses, elle aurait réessayé de le tuer en répandant à nouveau de l’argon dans leur chambre à coucher, puis elle aurait engagé un tueur à gage. Tentatives aussi manquées. Sa dernière tentative aurait consisté à couvrir son mari endormi avec une couverture imprégnée de benzine avant de lui mettre le feu. Par chance, son époux était parvenu à se mettre en sécurité tout comme ses enfants.

Des dettes à éponger

Appelé à la barre, l’époux a avoué ne pas comprendre le comportement de sa femme. Il assure ne jamais s’être douté de rien: «Je n’arrive tout simplement pas à le comprendre!» Le procès a révélé que la prévenue avait des dettes et qu’elle tentait désespérément de les cacher à sa famille. Interrogée par les juges, elle a avoué avoir même simulé une leucémie par «désespoir». «Je voulais simplement une pause dans mon quotidien stressant.»

Le ministère public a requis 15 ans de prison, commués en thérapie stationnaire (petit internement). La défense, elle, a demandé 8 ans de prison pour l’incendie criminel. Finalement, vendredi, la trentenaire a été reconnue coupable de multiples tentatives de meurtre par incendie volontaire et par Bircher muesli empoisonné, notamment. Elle a écopé d’une peine de 14 ans de prison. Un «petit internement» a également été ordonné.

Le «petit internement», c’est quoi?

Le «petit internement» est défini par l'article 59 du Code pénal suisse. Il s'agit de mesures thérapeutiques institutionnelles. Le juge peut ordonner de telles mesures lorsque l'auteur souffre d'un grave trouble mental, qu'il a commis un crime ou un délit en lien avec ce trouble et que cette mesure le détournera de nouvelles infractions. La privation de liberté entraînée par le traitement institutionnel ne peut en règle générale excéder cinq ans. Si les conditions d'une libération conditionnelle ne sont pas réunies après cinq ans, le juge peut ordonner la prolongation de la mesure de cinq ans au plus à chaque fois.

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