Actualisé 22.09.2018 à 13:15

LondresSkripal: pas le premier cas d'empoisonnement?

Grâce à l'affaire Skripal, l'hypothèse de mort par empoisonnement du Russe Alexandre Perepilitchni, en Angleterre, en 2012, devient plausible.

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Selon une enquête indépendante, un haut gradé des services de renseignement militaires russes aurait empoisonné l'ancien espion russe Sergueï Skripal depuis Londres. (Samedi 29 juin 2019)

Selon une enquête indépendante, un haut gradé des services de renseignement militaires russes aurait empoisonné l'ancien espion russe Sergueï Skripal depuis Londres. (Samedi 29 juin 2019)

AFP
L'ancienne maison de Sergueï Skripal, à Salisbury, en cours de décontamination. La Grande-Bretagne a refusé l'accès diplomatique à l'ancien espion à la Russie. (Mardi 5 mars 2019)

L'ancienne maison de Sergueï Skripal, à Salisbury, en cours de décontamination. La Grande-Bretagne a refusé l'accès diplomatique à l'ancien espion à la Russie. (Mardi 5 mars 2019)

AFP
L'Union européenne a sanctionné lundi le chef du renseignement militaire russe (GRU), son adjoint et deux agents, jugés responsables de l'empoisonnement de l'ex-agent double Sergueï Skripa, en gelant leurs avoirs. (Lundi 21 janvier 2019)

L'Union européenne a sanctionné lundi le chef du renseignement militaire russe (GRU), son adjoint et deux agents, jugés responsables de l'empoisonnement de l'ex-agent double Sergueï Skripa, en gelant leurs avoirs. (Lundi 21 janvier 2019)

AFP

La récente affaire Skripal rend crédible l'hypothèse d'un meurtre par empoisonnement du Russe Alexandre Perepilitchni en Angleterre en 2012, selon les avocats de sa compagnie d'assurance entendus vendredi dans le cadre de l'enquête publique sur les causes de cette mort.

Ces auditions, au tribunal londonien d'Old Bailey, étaient les dernières avant que le coroner (médecin légiste) Nicholas Hilliard rende ses conclusions sur la mort du riche homme d'affaires qui était aussi lanceur d'alerte.

L'affaire Perepilitchni

Témoin clé dans l'enquête sur une vaste affaire de détournements de fonds qui auraient été commis par des fonctionnaires russes au détriment du fonds d'investissement Hermitage Capital, Alexandre Perepilitchni était décédé subitement à 43 ans pendant son jogging près de sa maison de Weybridge, dans le Surrey (sud de l'Angleterre).

Malgré deux autopsies, les causes de sa mort n'ont pas été définies, et sa compagnie d'assurance vie avait demandé de nouveaux examens, deux ans après sa mort. Des recherches poussées n'ont pas permis de retrouver de poison dans son corps mais l'hypothèse d'un empoisonnement n'a pas été complètement écartée néanmoins.

Affaire Skripal: Londres lance un mandat contre deux Russes

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L'avocat Bob Moxon Browne, représentant la compagnie d'assurance Legal & General, a souligné qu'il était «extrêmement rare, statistiquement», qu'une personne «en parfaite santé, sans aucun symptôme ou prédisposition génétique», soit victime de «mort subite par arrêt cardiaque», l'une des hypothèses débattues.

Il a estimé qu'il était «nécessaire de s'intéresser aux circonstances de la vie de M. Perepilitchni» pour déterminer les causes de sa mort, voyant dans ses activités de lanceur d'alerte un mobile pour un meurtre.

Hypothèse de meurtre

«Il n'est pas fantaisiste d'imaginer que des personnes viennent de Russie dans l'optique de nuire à quelqu'un qu'elles considèrent comme leur ennemi», a-t-il affirmé, dans une allusion à l'affaire Skripal, du nom de l'ex-espion russe victime d'un empoisonnement au Novitchok à Salisbury (sud de l'Angleterre) en mars, que Londres accuse Moscou d'avoir commandité. Cette position était partagée par Henrietta Hill, l'avocate de la compagnie Hermitage, qui a affirmé qu'«au moins dix poisons» pouvaient être responsables de la mort de M. Perepilitchni. Elle a rappelé que la police n'avait pas recueilli de preuves médico-légales après son décès, qui n'avait pas été considéré comme «suspect» dans un premier temps.

Fiona Barton, représentant la police de Surrey, a, elle, exclu la possibilité d'un meurtre. «Il y a eu une enquête approfondie, elle n'a révélé aucune preuve que M. Perepilitchni avait été tué», a-t-elle dit.

L'avocat de la veuve de M. Perepilitchni, John Beggs, a lui écarté les hypothèses «tarabiscotées» relatives à l'empoisonnement, et dénoncé les motivations commerciales de Legal & General et de Hermitage Capital à défendre le scénario d'un meurtre.

La date à laquelle le médecin légiste devra rendre ses conclusions officielles auprès de la justice britannique n'a pas été précisée. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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