Actualisé 24.02.2009 à 11:16

Succès et controverses

«Slumdog Millionaire» exonéré d'impôts en Inde

L'Inde est partagée après l'énorme succès remporté par le film «Slumdog Millionaire» aux Oscars. Malgré des révoltes dans les bidonvilles, ce film aurait boosté le tourisme en Inde qui le remercie en l'exonérant d'impôts.

La ministre Sheila Dikshit a annoncé qu'il n'y aurait pas d'impôts sur «Slumdog Millionaire». Le film se déroule à Bombai, et met en scène des acteurs indiens, ce qui a boosté le tourisme de 25% depuis sa sortie, comme l'ont confirmé les responsables du tourisme à Bombay.

Sheila Dikshit a expliqué que les Oscars remportés par le film réalisé par Danny Boyle honorent l'Inde: «Le film a eu droit à une distinction spéciale avec ses huit Oscars dans différentes catégories, et est entré dans l'histoire du cinéma indien».

Le Premier ministre indien Manmohan Singh a également félicité l'équipe du film, suite à leur succès aux Oscars en déclarant que: «les vainqueurs ont fait la fierté de l'Inde».

La presse s'intéresse aux bidonvilles

De nombreux journalistes se sont rendus hier dans un bidonville de la banlieue de Bombay, d'où sont originaires deux jeunes acteurs ayant joué dans le film, Azharuddin Mohammed Ismail, 10 ans, et Rubina Ali, 9 ans.

Cet intérêt de la presse internationale a ravit Mohammed Ismail, le père d'Azharuddin: «En temps normal, personne ne s'intéresse à nous, mais aujourd'hui tout le monde est là».

Les habitants du bidonville ont suivi la cérémonie des Oscars à la télévision pour soutenir ceux qui sont devenus leurs héros et qui avaient fait le voyage à Los Angeles.

«Je n'arrivais pas à croire que je voyais Rubina en Amérique», a expliqué sa meilleure amie, Saba Qureshi.

«Nous ne sommes pas des chiens»

Si les proches des acteurs sont enchantés par le succès que rencontre «Slumdog Millionaire», ces réactions sont loin d'être unanimes au sein des bidonvilles de Bombay.

C'est ainsi qu'une grande affiche sur laquelle on pouvait lire «We are not Slumdogs» (Nous ne sommes pas des chiens de bidonvilles) témoignait de la révolte des habitants du plus grand bidonville indien, Dharavi, où a été tourné le film.

«J'ai vu le film et je l'ai aimé, mais je me suis sentie mal à cause de son titre», explique Varsha Jitendra Bhosle, 23 ans, qui a passé toute sa vie à Dharavi. «Ils ont tourné à Dharavi, c'est un film sur Dharavi. Mais le titre, 'Chiens de bidonville'... ils nous traitent de chiens et cela m'a fait mal», explique-t-elle.

Cela reste du cinéma…

Les réactions obtenues sur place, témoignent d'un sentiment de frustration, les habitants des bidonvilles étant majoritairement persuadés que ce film ne changera en rien leur quotidien.

«Ce genre de choses arrive seulement aux héros de films, pas dans nos vies», a déclaré Avinash Sawant, un étudiant dont la principale ambition dans la vie est de s'échapper du bidonville où il est né.

Mère de 6 enfants, Manjula, 46 ans, n'a pas vu le film qui projette sur les écrans du monde entier des images du bidonville où elle vit depuis vingt ans et reste plus que dubitative sur ses réelles retombées: «Cela ne changera rien à nos vies. Ceux qui l'ont fait vont faire de l'argent. Mais nous?»

Prashant Dighe, un autre habitant, est ravi du succès du film: «Je l'ai aimé. J'avais l'impression de voir ma propre vie sur grand écran», mais est convaincu que le succès planétaire du film aura peu d'impact sur le bidonville: «Je ne vois rien changer à Dharavi. Ca restera pareil de mon vivant», a-t-il dit.

Auteur: fab avec agences

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!