Suisse romande - Smood fait un pas en direction de ses livreurs

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Suisse romandeSmood fait un pas en direction de ses livreurs

Alors que des mouvements de grève se sont mis en place début novembre, l’entreprise de livraison de repas à domicile annonce quelques améliorations. Non sans tacler au passage le syndicat Unia.

Les raisons de la grogne avaient d’abord été exprimées à Yverdon-les-Bains (VD), début novembre: dénonçant leurs conditions salariales, dont le non-paiement d’heures supplémentaires et des frais pour l’utilisation de leur véhicule privé, une quinzaine de livreurs de Smood s’étaient mis en grève et avaient donné de la voix, soutenus dans leur action par le syndicat Unia. Très vite, d’autres salariés de l’entreprise de livraison de repas à domicile avaient rejoint le mouvement, d’abord à Nyon (VD), puis en Valais et, jeudi dernier à Lausanne.

Or, lundi soir, Smood a affirmé dans un communiqué accueillir favorablement les demandes de ses employés, conformément aux discussions avec le syndicat Syndicom pour la conclusion d’une convention collective de travail (CCT) pour ses coursiers. Si ce document est toujours en négociation, la société affirme vouloir «déjà appliquer certaines améliorations pour garantir au plus vite un cadre de qualité pour l’ensemble de son personnel de livraison». Elle annonce ainsi un salaire horaire plus élevé, à 23 francs, avec un bonus en fonction du volume de livraisons effectuées, ainsi que l’indemnisation des jours fériés. Une augmentation des remboursements des frais de véhicules et des modifications de l’app, afin que les livreurs puissent suivre leur activité avec plus de transparence et de facilité, sont aussi prévues.

Smood affirme ne pas pouvoir, à l’heure actuelle, proposer un salaire minimum de base plus élevé, estimant que d’autres améliorations des conditions de travail de ses employés ne sont «pas envisageables tant que les autorités et les représentants des travailleurs ne feront pas appliquer des standards similaires sur l’ensemble du secteur», indique la société dans son communiqué. Avant de tacler Unia, qui a soutenu et médiatisé les récents mouvements de grève. Pour l’entreprise, la seule revendication de ce syndicat était de s’imposer en tant que «nouvel interlocuteur dans des discussions avancées» concernant la CCT.

Revendications plus larges

De son côté, également lundi, Syndicom a fait part de son soutien aux travailleurs qui ont manifesté récemment leur colère et a rappelé les revendications liées la CCT de la branche des coursiers, déjà adoptée par 19 entreprises en Suisse: une adaptation des salaires de 23 à 28 francs de l’heure selon le volume des commandes, de meilleurs défraiements pour l’utilisation d’un véhicule privé mais aussi pour l’utilisation d’un téléphone privé, l’assurance de bénéficier d’indemnités maladie, un défraiement quotidien pour le service de piquet, la garantie de pouvoir travailler au moins deux heures pour chaque affectation, la planification des horaires au moins quatorze jours à l’avance et la transparence pour la saisie du temps de travail et le décompte des pourboires.

Mais, même si les améliorations annoncées ce lundi ne remplissent que partiellement ces critères, Syndicom maintient la pression sur Smood en estimant, dans son communiqué, que ce serait pour cette société «une occasion de se démarquer de la concurrence directe d’Eat.ch et d’UberEats, et de montrer ainsi qu’un partenariat social est aussi possible dans cet environnement très compétitif».

(comm/jfz)

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