Genève – Discussions toujours au point mort entre Smood et les syndicats

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GenèveDiscussions toujours au point mort entre Smood et les syndicats

La rencontre, convoquée par le Canton pour trouver une solution à un conflit qui dure depuis plusieurs mois, s’est soldée par un échec mercredi.

Samedi 5 février, une septantaine de livreurs romands ont dénoncé leurs conditions de travail au sein de l’entreprise, à Genève.

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Une séance de conciliation entre les syndicats Syndicom et Unia et les entreprises Smood et Simple Pay a eu lieu mercredi. Bien que le Canton soit à l’origine de cette rencontre, cette dernière n’a pas permis de trouver de solution à un conflit qui dure depuis des mois. La société genevoise de livraison de repas «refuse d’implémenter les recommandations de la Chambre des relations collectives de travail du canton de Genève (CRCT) et ne veut pas les soumettre à un arbitrage», s’est insurgé Unia, qui défend une centaine d’employés Smood en Suisse romande, selon ses dires. De son côté, Smood assure avoir suivi sept des recommandations proposées par la CRCT. Dans un communiqué, la plateforme estime que c’est Unia qui «bloque toujours la création d’une convention collective de travail». Elle rappelle que «la CRCT recommande, de manière incitative et non contraignante, une évolution des conditions, sans constater la moindre infraction de Smood à la loi».

«La répression antisyndicale se poursuit»

Depuis le mois de novembre, un mouvement social a débuté à Yverdon (VD), avant de s’étendre à d’autres cantons, notamment à Genève. Plusieurs dizaines de salariés, mécontents de leurs conditions de travail, se sont mis en grève et manifestent régulièrement. Des actions qui ont débouché sur un renvoi  pour certains d’entre eux. «L’entreprise n’a pas mis fin à la répression antisyndicale», a dénoncé le syndicat qui exige la réintégration des trois grévistes licenciés. Il rappelle que «le Canton avait demandé l’application immédiate des dispositions légales en vigueur», comme le paiement de l’intégralité du temps de travail. Dans son communiqué mercredi, Unia conclut en demandant «une action ferme de tous les cantons où la plateforme est active pour garantir le respect des règles et dispositions légales qui visent à protéger les salariés».

Victime de la concurrence déloyale

Il y a peu, Smood a annoncé l’introduction d’un salaire horaire à 23 francs et la prise en compte des jours fériés dès le 26 février. En revanche, la société n’entend pas entrer en matière sur la rémunération des heures d’attente. La société dit évoluer «dans un marché où ses principaux concurrents ne sont pas soumis aux mêmes contraintes règlementaires et légales», la mettant «de facto dans une situation de concurrence déloyale encore plus grave, voire intenable». Elle appelle les autorités à réglementer et encadrer l’ensemble des acteurs du marché.

(lhu)

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