Actualisé 24.06.2013 à 18:37

Espionnage - USA

Snowden est «en bonne santé et en sécurité»

Le mystère restait entier autour de l'ancien consultant de la CIA, Edward Snowden, accusé d'espionnage par Washington. C'est Julian Assange, fondateur de WikiLeaks, qui a donné des nouvelles lundi.

Edward Snowden était toujours invisible lundi à Moscou, alors que les Etats-Unis ont menacé la Russie de représailles pour avoir ignoré ses demandes d'extradition du fugitif.

Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, a affirmé que Snowden était «en bonne santé et en sécurité», sans préciser évidemment où l'Américain se trouvait, dans une conférence par téléphone à l'ambassade d'Equateur à Londres où il est réfugié depuis un an.

Les informations contradictoires se multipliaient sur le sort de M. Snowden, qui n'a apparemment pas embarqué à bord du vol Moscou-La Havane sur lequel il était enregistré et qui a décollé lundi en début d'après-midi. Selon une source proche du dossier citée par l'agence russe Interfax, Snowden a sans doute déjà quitté la Russie.

Y a-t-il un Snowden dans l'avion?

«Il a pu prendre un autre vol. Il est peu probable que les journalistes aient été témoins du décollage de son avion», a déclaré cette source. Mais une autre source au sein des services de sécurité de l'aéroport a affirmé à l'agence officielle Itar-Tass que M. Snowden se trouvait encore dans la zone de transit de l'aéroport Moscou-Cheremetievo.

Edward Snowden était censé partir à Cuba pour rejoindre ensuite l'Equateur où il a demandé l'asile politique. Mais selon une source au sein des services de sécurité de la capitale russe et des journalistes à bord de l'appareil, il n'était pas dans l'avion.

Après le décollage de l'appareil, l'ambassade d'Equateur à Moscou a déclaré lundi ne pas savoir où se trouvait l'Américain, selon l'agence Ria Novosti. Il est arrivé dimanche à Moscou en provenance de Hong Kong, d'où il avait publié ses révélations fracassantes sur la surveillance opérée par les agences américaines. Il s'était réfugié à Hong Kong le 20 mai après avoir quitté son domicile de Hawaï.

Quel chemin sûr vers l'Equateur

Edward Snowden semblait se trouver dans la nuit de dimanche à lundi dans la zone de transit de l'aéroport, où il y a un hôtel. Cependant, des journalistes de l'AFP sur place ne l'ont pas vu non plus. Dimanche soir, le site WikiLeaks avait annoncé que Snowden était «en route pour la République d'Equateur par un chemin sûr afin d'obtenir l'asile».

Inculpé notamment d'espionnage, Edward Snowden encourt 30 ans de réclusion aux Etats-Unis. Dans un message publié lundi sur Twitter, le président équatorien Rafael Correa, qui ne s'était encore jamais exprimé jusqu'ici sur l'affaire, confirmé que l'Equateur analyserait avec «une très grande responsabilité» la demande d'asile de l'ancien employé de la CIA.

John Kerry se fâche

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a menacé lundi la Chine et la Russie de conséquences sur leurs relations en jugeant «très décevant» le fait que l'ancien consultant a pu voyager de Hong Kong vers Moscou. M. Snowden a «trahi son pays», a affirmé le chef de la diplomatie américaine, en visite en Inde.

Washington avait exhorté lundi Moscou à l'expulser pour qu'il réponde des charges contre lui, invoquant la coopération entre les deux pays. Des sources informées ont indiqué à l'agence Interfax que la Russie étudiait une demande d'extradition présentée par les Etats-Unis.

L'Equateur examine la demande

Le chef de la diplomatie équatorienne, Ricardo Patino, a pour sa part dévoilé des extraits de la demande d'asile adressée à la présidence socialiste équatorienne, dans laquelle M. Snowden invoque un «risque de persécution de la part du gouvernement des Etats-Unis et de ses agents».

«Il est improbable que j'aie droit à un procès juste ou à un traitement humain», poursuit-il dans sa lettre, invoquant le risque d'«une condamnation à la prison à perpétuité ou (d') une condamnation à mort». (ats)

Washington utilise toutes les voies légales pour arrêter Snowden

Le président américain Barack Obama a déclaré lundi que les Etats-Unis utilisaient toutes les voies légales pour arrêter l'ancien consultant Edward Snowden arrivé dimanche à Moscou en provenance de Hong Kong.

«Nous suivons toutes les voies légales et travaillons avec plusieurs autres pays pour être sûrs que nous observons la loi», a déclaré le président à des journalistes, depuis la Maison Blanche.

Impact négatif sur les relations sino-américaines

La décision de laisser partir de Hong Kong l'ancien consultant Edward Snowden, accusé d'espionnage par Washington, a «incontestablement» un impact négatif sur les relations sino-américaines, a estimé lundi la Maison Blanche. «Il s'agit d'un choix délibéré du gouvernement (chinois) de libérer un fugitif en dépit d'un mandat d'arrêt valide et cette décision a incontestablement un impact négatif sur la relation» entre les deux pays, a déclaré Jay Carney, porte-parole de la Maison Blanche, au cours d'un point de presse.

Le Conseil de l'Europe veut protéger les donneurs d'alerte

Les donneurs d'alerte qui signalent des abus commis par des Etats doivent être protégés des représailles, s'ils agissent de bonne foi. C'est l'avis exprimé lundi à Strasbourg par des parlementaires du Conseil de l'Europe en marge de l'affaire Edward Snowden. La Commission des questions juridiques et des droits de l'homme de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) a adopté un rapport en ce sens, intitulé «Sécurité nationale et accès à l'information».

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