Actualisé 02.07.2013 à 20:29

Espionnage USSnowden indésirable dans plusieurs pays

La demande d'asile politique de l'informaticien réfugié dans un aéroport de Moscou a déjà essuyé mardi un refus de la part de plusieurs pays.

Edward Snowden, toujours réfugié dans un aéroport de Moscou et recherché par Washington pour espionnage, a renoncé à rester en Russie. Sa demande d'asile politique a déjà essuyé mardi un refus de la part de plusieurs pays. Une requête aurait aussi été déposée en Suisse, mais Berne assure n'avoir encore rien reçu.

La Pologne, l'Inde, la Norvège, le Brésil, l'Espagne ainsi que l'Allemagne ont annoncé refuser d'accorder l'asile au jeune Américain, qui avait déposé dimanche des demandes auprès de 21 pays. Des pays comme l'Autriche et la Finlande ont pour leur part confirmé avoir bien reçu une demande, tout en soulignant qu'elle ne correspondait pas aux critères officiels, laissant entendre que sa requête serait rejetée.

L'Allemagne a indiqué mardi soir que «les conditions d'accueil n'étaient pas réunies», alors que l'Italie dit de son côté «étudier» la requête. «La réponse dépendra d'une évaluation du gouvernement», a précisé Rome.

En Suisse, l'Office fédéral des migrations ne sait pas si Edward Snowden a déposé une demande d'asile, n'ayant reçu à ce jour aucune lettre dans ce sens, a déclaré sa porte-parole à l'ats. La Chine et la France ont fourni la même explication que Berne.

Selon le droit helvétique, une demande d'asile peut être déposée uniquement en Suisse ou à la frontière. Faire une demande auprès d'une ambassade suisse n'est plus possible avec les mesures urgentes lancées fin septembre 2012 et désormais établies après la révision de la loi sur l'asile approuvée le 9 juin dernier.

Mais si la vie d'Edward Snowden est menacée, il a encore la possibilité d'obtenir un visa humanitaire auprès d'une ambassade helvétique.

Bolivie et Venezuela en attente

Le Kremlin a de son côté indiqué qu'Edward Snowden avait retiré sa demande d'asile en Russie en raison des conditions posées par Moscou. Vladimir Poutine avait en effet déclaré la veille que l'informaticien, coincé depuis le 23 juin dans la zone de transit de l'aéroport Moscou-Cheremetievo, pouvait rester dans le pays à condition qu'il cesse «ses activités visant à faire du tort» aux Américains.

Le président vénézuélien Nicolas Maduro, en visite à Moscou, a affirmé, comme la Suisse, que son pays n'avait pas reçu de demande, selon l'agence de presse russe Itar-Tass, mais a estimé que Snowden méritait d'être «protégé par le droit humanitaire international», soulignant qu'il n'avait tué personne et qu'il avait juste dit la vérité.

Le chef de l'Etat bolivien Evo Morales a lui précisé que son pays, s'il était sollicité, «prendrait en considération» une telle demande.

Dans une lettre adressée au ministère polonais des Affaires étrangères par fax et dont le contenu a été divulgué à la presse, M. Snowden affirme qu'il «risque d'être persécuté» voire même d'être exécuté par les Etats-Unis, où la peine de mort est en vigueur, s'il doit y retourner. Mais Varsovie n'a apparemment pas été sensible à ses arguments, refusant en dernier lieu sa demande d'asile.

Poursuite des négociations

Les révélations du jeune homme sur l'espionnage des communications de l'Union européenne par les Etats-Unis ont continuer de susciter le débat en Europe à la veille du début des négociations sur l'accord de libre-échange transatlantique.

La Commission européenne a estimé mardi à Strasbourg que cette affaire d'espionnage ne devait pas retarder le début des pourparlers. Elle a fait cette déclaration à l'occasion de la session plénière du Parlement européen.

«Tandis que le début des négociations commerciales entre l'UE et les Etats-Unis ne devrait pas être affecté, la partie européenne dira clairement que pour qu'une négociation aussi complète et ambitieuse réussisse, il faut la confiance, la transparence et la clarté entre les partenaires», a toutefois nuancé Pia Ahrenkilde Hansen, la porte-parole de la Commission.

Le groupe des Verts au Parlement européen a malgré tout demandé le gel de l'ouverture des négociations et le blocage de l'accès au données bancaires du système Swift pour inciter Washington à répondre rapidement aux demandes d'explications de Bruxelles.

Le président français François Hollande, d'abord outré, s'est lui prononcé mardi en faveur d'une position coordonnée des Européens. (ats)

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