08.07.2020 à 04:05

Vaud

Soignants en colère: «On veut une prime et on reçoit un pin’s»

Un «cadeau» de remerciement a été adressé à 600 collaborateurs du CHUV. A l’heure où les salaires dans les hôpitaux sont en question, le geste passe mal.

de
Francesco Brienza
Les badges ont été financés de la poche du chef du Service de médecine interne.

Les badges ont été financés de la poche du chef du Service de médecine interne.

DR

«Pas de compensation pour les vacances annulées, les heures supp’ et le stress lié au travail durant cette période de Covid-19. Non, non. En guise de remerciement, nous avons reçu un pin’s…» Cet employé du CHUV ne savait pas s’il devait rire ou pleurer en ouvrant son courrier en juin dernier. Dans une lettre élogieuse, ses chefs lui témoignaient reconnaissance et gratitude pour le travail accompli au pic de la crise sanitaire. Et un badge, portant la mention «Star de médecine interne», accompagnait leur message.

Déception

Dans les couloirs de l’hôpital cantonal, la démarche en a fâché plus d’un. «Tout le monde en parle, indique David Gygax, secrétaire syndical au Syndicat des services publics (SSP) Vaud. Et ceux qui trouvent l’idée sympa sont peu nombreux. Symboliquement, c’est violent, estime-t-il. Le Conseil d’État et la Direction du CHUV n’ont pas investi un franc dans les salaires, les embauches ou les primes. Le personnel soignant attend autre chose qu’un pin’s!»

«Plus sympa» qu’une lettre seule

A l’origine de ce petit souvenir controversé, le professeur Peter Vollenweider précise que les quelque 600 badges ont été financés de sa poche, et qu’ils n’ont pas vocation à récompenser ses troupes. «Le personnel s’attendait peut-être à autre chose, mais les primes ou les hausses de salaire sont de la compétence du Conseil d’État, explique le chef de la médecine interne. Mon service ne peut pas faire de cadeaux. Ce que nous voulions, c’est souligner l’énorme effort consenti avec un objet, visible et durable. J’ai pensé que c’était plus sympa qu’une lettre seule. D’ailleurs, beaucoup de collaborateurs le portent.»

Discussions au point mort

Alors qu’en France, le gouvernement a promis un plan de plusieurs milliards d’euros pour la revalorisation des salaires dans les hôpitaux pour le courant du mois de juillet, les cantons suisses sont plus prudents. «Il n’y a aucune discussion en cours qui va dans ce sens dans le canton, confirme David Gygax, du SSP Vaud. Il y a eu de vagues déclarations générales quand le grand public manifestait son soutien sur les balcons, mais au moment de rentrer vraiment dans le concret, il n’y a plus personne.» Certains cantons étudient toutefois l’idée de verser une prime exceptionnelle pour la crise du Covid-19.

En Suisse romande, un infirmier gagne en moyenne 6434 fr. nets par mois à plein-temps. En avril dernier, la branche a écrit aux élus fédéraux à Berne pour les sensibiliser à leurs conditions de travail. Président de la Conférence des directeurs cantonaux de la santé, Lukas Engelberger a toutefois douché leurs espoirs en juin dans la presse. «Les charges salariales représentent la plus grande part des coûts des soins de la santé. Il n’est pas sérieux de faire miroiter au personnel infirmier une hausse globale des salaires.» Une initiative «pour des soins infirmiers forts», est actuellement débattue aux Chambres. Le peuple pourrait voter sur cet objet en 2021.

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!
333 commentaires
L'espace commentaires a été desactivé

pas belle la vie

09.07.2020 à 14:41

fallait faire prof, moins vous travaillez, plus vous gagnez !!

Parler sans savoir

09.07.2020 à 08:47

Je voir beaucoup de commentaire négatif sur la prime soignante alors que dire, je me ferais un plaisir de ne pas vous soigné ou de ne pas soigner vos parents ou vos grands-parents le jour ou ça reviendra, le salaire d'un simple soignant est très bas, même avec la formation, je demande pas la lune, mais travailler plus de 43 heures semaine, le jour la nuit le week-end les jour de congé et en pandémie suprresion des vacances heures supplémentaire non payé tout ça,pour 3500chf une fois les déductions enlever je dis non, j'ai 2 bouches à nourrir, mon salaire par rapport au risque que jai encouru tout ces derniers mois, c'est NON, 2 collègue de 31 et 35 ans sont décédés ca on en parle pas...

Steven

08.07.2020 à 08:03

Après ils diront j’adore mon métier c’est un plaisir d’aider les gens et blabla mais y’a pas d’humanité en vrai, mais font ça que pour de l’argent ...