Santé: Soins psy à la maison afin d'éviter l'hospitalisation
Publié

SantéSoins psy à la maison afin d'éviter l'hospitalisation

L'efficacité des traitements psychiatriques s'améliore, selon un bilan national. Le modèle du suivi à domicile prend par ailleurs de l'ampleur.

par
Pauline Rumpf
iStock (Photo d'illustration

Soigner un patient chez lui coûte moins cher que de l'hospitaliser. Cette règle, acceptée dans le domaine de la santé physique, s'applique également pour la santé psychique. Le «Tages-Anzeiger» avançait la semaine dernière une différence de coût de 20%.

Une meilleure réinsertion

«Le prix est un avantage, mais un suivi à la maison permet aussi d'éviter l'isolement et de favoriser la réinsertion socio-profesionnelle de la personne, explique Gérard Villarejo, membre de Psydom, qui accompagne des malades à domicile à Neuchâtel, Fribourg et dans le Jura. Le malade apprendra à vivre avec sa maladie, à la maîtriser dans sa vie quotidienne.»

Matthias Jäger, psychiatre à Zurich, raconte par exemple qu'«un patient paranoïaque pensait être poursuivi. Il se cachait depuis des mois dans le noir et refusait d'être interné, mais on a pu le convaincre d'être soigné à domicile. Peu à peu, il est parvenu à sortir de chez lui, à suivre une thérapie, et retrouver du travail.» Sont exclus ceux qui sont un risque pour eux-même ou les autres.

Hospitalisations plus en douceur

Psydom exerce depuis plus de dix ans en Suisse romande, et selon Gérard Villarejo, son utilité est désormais reconnue par les médecins et les assureurs. Des équipes d'intervention ont aussi été mises sur pied par le CHUV et les HUG.

«Une hospitalisation reste parfois nécessaire, mais le suivi entre les crises permet de réduire leur nombre, et de rendre la transition moins difficile», poursuit l'infirmier. Dans la phase précoce de la maladie, ce suivi pourrait toutefois être mieux exploité afin de favoriser une meilleure évolution de la situation.

Des traitements de plus en plus efficaces

L'état des patients internés, entre leur entrée et leur sortie, s'est amélioré en 2016. C'est le cas dans 67 cliniques pour adultes et 23 pour jeunes analysées par l'Association nationale pour le développement de la qualité dans les hôpitaux et les cliniques. L'utilisation de mesures limitatives de liberté a stagné à 8% des patients. Toutefois, l'intensité des symptômes était en moyenne plus importante lors des admissions en 2016 qu'une année auparavant.

Ton opinion