Ville de Genève – Soirée sans garçons annulée à cause d’une «déferlante de haine» 
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Ville de GenèveSoirée sans garçons annulée à cause d’une «déferlante de haine»

La ludothèque du Petit-Saconnex devait organiser un événement en mixité choisie. Submergée par une vague de menaces et de violence, elle a renoncé.

par
Maria Pineiro
La soirée a été tout simplement annulée. (image prétexte)

La soirée a été tout simplement annulée. (image prétexte)

VANESSA CARDOSO/24 HEURES

«Soirée jeux en mixité choisie sans hommes cisgenre. Vendredi, dès 19h30, à la ludothèque du Petit-Saconnex.» Cette annonce d’un événement sans hommes qui se reconnaissent dans le genre masculin, soit le sexe avec lequel ils sont nés (cisgenre, ndlr) a été annulé quelques heures à peine avant l’ouverture «au vu de la déferlante de haine que cela suscite sur les réseaux sociaux», a communiqué l’équipe. Ce vendredi soir, la ludothèque restera fermée à toutes et tous, les ludothécaires étant «sous le choc», a confié Marina Gobet-Rampini, la responsable des lieux.

Messages violents et menaçants

«Il y a eu des messages violents, menaçants, a-t-elle détaillé. Nous ne nous attendions pas à de telles réactions. Nous ne nous sentions plus en sécurité et avons préféré renoncer.» Et pourtant, la ludothèque avait bien fait les choses, détaillant la démarche sur Internet, notamment pour expliquer les raisons d’une telle soirée. L’événement devait répondre «à un besoin qui nous avait été communiqué par quelques usagères, des jeunes filles pré-adolescentes», a souligné l’institution, dans le communiqué annonçant l’annulation. Les ludothécaires pensaient que «cela permettrait d’entamer une réflexion utile et de développer un vivre ensemble plus harmonieux à la ludothèque».

Pas avec l’argent public

En lieu et place, c’est à une vague de protestataires outrés à laquelle il a fallu faire face. Par e-mail, un lecteur de «20minutes» s’insurgeait vendredi matin, contre une soirée «discriminatoire et illégale», de la «propagande woke financée par l'Etat» (woke signifie être conscient des problématiques vécues par les minorités. Le terme est également utilisé pour dénigrer les mouvements progressistes, ndlr) et de «discrimination pro-LGBT».

Le PLR Ville de Genève s’était également insurgé de la tenue de cet événement. Pour le groupe, il est problématique qu’une soirée «qui discrimine soit organisée dans un lieu soutenu par la Ville». Les élus précisant, qu’à titre privé, ils ne voient pas de problème à l’organisation de soirées non-mixtes, mais ce qui dérange, c’est que cela se fasse avec de l’argent public».

La cheffe du Service des écoles de la Ville, qui subventionne les ludothèques, Isabelle Widmer a tenu à rappeler «l'engagement de la Ville dans la lutte contre toutes les discriminations, notamment dans le cadre de l'Agenda 21». Elle a également salué «l'engagement des ludothécaires dans ce domaine même si la communication autour de cette soirée a sans doute été mal comprise».

A noter que la ludothèque organise tous les mois des soirées jeux ouvertes à toutes et tous.

«Pas une fin en soi»

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