Neuchâtel: Soixante heures de travaux d'intérêt général pour Garbani
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NeuchâtelSoixante heures de travaux d'intérêt général pour Garbani

Valérie Garbani a reçu mardi la sanction pénale des écarts de conduite qui lui ont coûté sa fonction de conseillère communale.

L'ancienne élue ne s'opposera pas au verdict du Tribunal de police qui la condamne à 60 heures de travaux d'intérêt général (TIG).

Dans le canton de Neuchâtel, le travail d'intérêt public recouvre une activité non rémunérée en faveur d'institutions sociales ou d'œuvres d'utilité publique. Il concerne, entre autres, des homes pour personnes âgées ou des associations de protection de l'environnement.

Dans son verdict rendu à Neuchâtel, le tribunal a en outre infligé à Valérie Garbani 100 francs d'amende et une indemnité de dépens de 300 francs en faveur du plaignant. Le tribunal a mis également à la charge de l'accusée les frais de justice s'élevant à 1200 francs.

Il a renoncé à révoquer un sursis antérieur ayant trait à une affaire similaire. L'ancienne conseillère communale était accusée d'injure, menace, dommage à la propriété et ivresse publique, à la suite d'une soirée mouvementée en discothèque, qui avait abouti à son arrestation par la police le 14 mars 2009.

Le Tribunal n'a pas reconnu les griefs de menace et dommage à la propriété. Il a retenu l'injure raciale, l'ivresse publique et la violence contre les fonctionnaires.

Forme d'épilogue

Le jugement prononcé mardi correspond pour Valérie Garbani à l'épilogue d'une vie publique devenue trop pesante. Dans une déclaration lue à la presse par son avocat, après l'audience de verdict, l'ancienne élue socialiste affirme qu'elle n'a pas l'intention de recourir contre le jugement.

Elle rappelle aussi qu'elle n'est plus en fonction depuis début juillet. Elle évoque à ce sujet sa volonté de «tourner la page» pour «se recréer un avenir professionnel, ainsi qu'une vie privée plus sereine».

Souvenirs imprécis

Lors de l'audience de jugement, la semaine dernière, Valérie Garbani avait déclaré n'avoir pas de souvenirs précis des faits incriminés. Elle n'avait pas exclu d'avoir traité de «négro» le barman de l'établissement. Elle avait présenté ses regrets à ce sujet.

La défense avait demandé l'exemption de toute peine à l'égard de l'élue socialiste déchue. Mais les parties plaignantes - deux agents de sécurité, un policier, et deux employés de la discothèque - ne l'avaient pas entendu de cette oreille. Elles avaient exclu tout retrait de plainte pour une question de principe.

Le scandale de trop

Agée de 43 ans, Valérie Garbani avait annoncé sa démission du Conseil communal au lendemain de l'incident dans la discothèque. Depuis, elle n'assume plus aucune fonction politique.

Naguère députée au Grand Conseil, elle avait été élue en 1999 au Conseil national, puis en 2004 à l'exécutif de Neuchâtel. Après un début de carrière politique flamboyant, des problèmes personnels l'ont rattrapée à partir de 2006.

Promesse non tenue

En avril 2008, afin d'assurer sa réélection au Conseil communal, elle avait fait amende honorable et promis de s'abstenir de tout écart de conduite. Mais elle avait continué de faire parler d'elle dans des circonstances jugées incompatibles avec sa fonction. En 2007, elle avait perdu aussi son siège au Conseil national.

(ats/ap)

Le policier suspendu comparaît

L'agent municipal qui avait divulgué des fiches de police concernant Valérie Garbani a comparu mardi devant le Tribunal de police de Neuchâtel. L'avocat de la défense a demandé l'acquittement du prévenu, suspendu de ses fonctions depuis avril 2008.

Le tribunal procédera à la lecture du verdict mardi prochain. L'accusé, sous-officier de la police municipale, est prévenu de violation du secret de fonction. Il a admis avoir transmis à la presse ainsi qu'à un député libéral deux notes confidentielles faisant état des écarts de conduite de Valérie Garbani.

L'avocat de la défense a jugé légitime l'attitude de son client. Il a rappelé le comportement indigne de l'ancienne conseillère communale, qui ne se privait pas d'insulter les agents municipaux dont elle avait à répondre dans le cadre de ses fonctions. «L'accusé voulait sauver la police», a déclaré l'avocat.

Le défenseur du prévenu a contesté également qu'il y ait eu un «secret» de fonction en l'espèce. L'accusé voulait mettre fin aux provocations incessantes de la part de Valérie Garbani. Personne à vrai dire n'osait s'élever, selon l'avocat, contre des écarts de conduite qui étaient de notoriété publique.

Le tribunal dira mardi prochain s'il y a lieu de prononcer l'acquittement demandé par l'avocat de la défense. Le Ministère public a conclu à la violation du secret de fonction. Le représentant de la Ville de Neuchâtel, partie plaignante dans cette affaire, a soutenu les conclusions du Ministère public.

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