06.08.2020 à 11:49

GenèveSolidaritéS dénonce une récolte de signatures douteuse

Selon le parti SolidaritéS, le texte du référendum contre l’aide aux personnes démunies trompe les signataires en affirmant «lutter contre le travail au noir».

Le fonds d’urgence de quinze millions est destiné à ceux qui n’ont pas eu droit aux aides cantonales ou fédérales entre le 17 mars et le 16 mai. (image d’illustration)

Le fonds d’urgence de quinze millions est destiné à ceux qui n’ont pas eu droit aux aides cantonales ou fédérales entre le 17 mars et le 16 mai. (image d’illustration)

Keystone

SolidaritéS dénonce des méthodes douteuses dans le cadre de la récolte des signatures du référendum contre le fonds d’aide aux plus précaires. La présentation du texte induirait en erreur les potentiels signataires en évoquant un objectif de lutte contre le travail non déclaré. Le comité référendaire réfute.

Ce référendum n’aura aucun effet réel contre le travail au noir, mais va empêcher une population fragilisée de toucher une aide pourtant indispensable à sa survie. Invoquer là un objectif de lutte contre le travail non déclaré constitue simplement une manière d’induire en erreur les potentiels signataires, relève SolidaritéS jeudi dans un communiqué.

«Avances masquées»

L’extrême droite use de stratagèmes pour prétendre défendre ceux qu’elle attaque, se parant de l’apparence de la lutte contre la précarité, souligne la formation. Elle déplore que «l’UDC et le MCG avancent masqués», les logos de ces deux partis étant totalement absents de la feuille référendaire. Et de se demander d’où viennent les récolteurs qui renvoient au comité référendaire contre le travail illégal.

Pour rappel, SolidaritéS avait déjà pris position et fermement condamné ce «référendum de la honte». Aujourd’hui, c’est la récolte elle-même qui est sujette à caution, souligne la formation.

Le comité conteste

«Il n’y a pas d’entourloupe», rétorque l’UDC André Pfeffer, qui emmène le comité référendaire et organise la récolte des signatures. «Ce référendum a effectivement pour but d’annuler une loi qui favorise et fait la promotion du travail illégal».

Et de préciser que les responsables du référendum ne sont pas l’UDC et le MCG, mais le comité référendaire contre le travail illégal, même si ce dernier a l’appui de ces deux partis. Le comité n’a par ailleurs aucun lien avec une société qui rémunère la récolte de signatures, ajoute André Pfeffer «catégorique». «Je forme des équipes au sein de ma famille politique et avec l’aide de bonnes volontés».

Longues files d’attente

Les référendaires ont jusqu’au 14 septembre pour obtenir 5370 signatures valables. Le texte s’en prend à la loi sur l’indemnisation des travailleurs précaires acceptée fin juin par le Grand Conseil. Ce projet du Conseil d’État faisait suite à l’émoi provoqué par les longues files d’attente lors des distributions de nourriture lors de la crise sanitaire.

Le fonds d’urgence de quinze millions est destiné à ceux qui n’ont pas eu droit aux aides cantonales ou fédérales entre le 17 mars et le 16 mai. Environ 3000 personnes pourraient en bénéficier. L’indemnisation n’est pas conditionnée à un statut légal.

Pour les référendaires, il n’est notamment pas acceptable que l’État paie les salaires en lieu et place d’employeurs ne respectant pas leurs obligations. Et qu’il autorise une indemnisation, en cas d’absence de justificatifs, sur la base d’une simple déclaration écrite du bénéficiaire.

(ATS/NXP)

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