Divorces: Solidité du couple mise à mal par les mioches
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DivorcesSolidité du couple mise à mal par les mioches

Les enfants jouent parfois le rôle de ciment du couple, mais pas toujours.

Les enfants peuvent avoir un effet négatif sur le couple.

Les enfants peuvent avoir un effet négatif sur le couple.

Les enfants ont une influence sur la solidité du couple que forment leurs parents. Positive, on le savait. Mais aussi négative, comme le montre une étude, rendue publique mardi par l'Université de Neuchâtel, qui se penche sur les «macros-causes» du divorce.

Les enfants étaient jusqu'à présent considérés comme le ciment du couple. On pense aujourd'hui qu'ils n'empêchent en rien le divorce. Au mieux, ils le retardent, constate Fabienne Stettler, assistante à l'institut de sociologie, dans le cadre d'une thèse de doctorat.

Encore en cours, celle-ci ne lui permet pas de livrer des explications toutes faites, avertit d'entrée la sociologue. Mais les recherches sont suffisamment avancées pour fournir une série de réflexions basées à la fois sur l'analyse des statistiques et sur diverses études, écrit mardi l'Université de Neuchâtel dans un communiqué.

Stress et relâchement

Les spécialistes ont ainsi démontré que la courbe des divorces atteint un sommet au moment où le dernier enfant de la famille a entre trois et cinq ans. «Les parents sont souvent bien trop occupés les premières années, quand les enfants ne sont pas encore autonomes; à l'entrée de ces derniers à l'école, ils sont soudain libérés d'une certaine pression», avance prudemment Fabienne Stettler.

Un autre tournant intervient lorsque l'aîné de la fratrie atteint ses 20 ans, période de début de la vie active qui correspond souvent au départ du logement familial. Une étape qui peut provoquer une sorte de relâchement de la part des parents, relève la sociologue.

Les enfants nés d'une union précédente constituent une autre raison pouvant favoriser le divorce, observe l'assistante universitaire. Les grossesses avant mariage ne semblent en revanche avoir aucune incidence, ajoute-t-elle.

Religions

Les enfants ne représentent, heureusement, pas la cause majeure du divorce, précise Mme Stettler. La religion et l'âge figurent parmi les macro-causes les plus significatives. Ainsi les juifs sont les moins enclins à divorcer, suivis des musulmans, des catholiques et des protestants.

Il s'agit toutefois d'appréhender cette statistique avec prudence, souligne l'auteure de la thèse. Les personnes qui ne croient en rien y sont considérées comme catholiques simplement parce qu'elles sont nées de parents catholiques, nuance la chercheuse.

Ages

Autre constatation de la sociologue, c'est après quatre ans de mariage que le plus grand nombre de couples qui divorcent passent à l'acte. Elle ne sait en revanche pas pourquoi les couples de longue date tiennent mieux le coup que ceux unis depuis peu. Est-ce à cause de l'habitude, du temps passé ensemble, ou cela relève-t-il davantage d'une question de génération.

Mme Stettler fut cependant surprise de constater que, depuis les années 50, l'écart entre l'âge de l'homme et celui de sa conjointe n'a pas changé. Le mari est toujours en moyenne deux ans plus vieux. Un grand écart d'âge dans le couple semble en revanche le fragiliser. Surtout si la femme est l'aînée.

Un mariage sur deux

La situation géographique joue également un rôle. Me Stettler s'est vu confirmer qu'on divorçait davantage en ville que dans la campagne. A cause du contrôle social plus fort, estime-t-elle.

Selon les derniers relevés démographiques de l'Office fédéral de la statistique, la courbe des divorces vient d'amorcer un léger tassement après des années de hausse. Près d'un mariage sur deux se terminent encore toujours ainsi en Suisse, Neuchâtel étant le canton où les couples tiennent le moins le coup.

(ats)

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