Actualisé 27.12.2006 à 17:29

Somalie: les forces loyalistes se rapprochent de Mogadiscio

Les forces gouvernementales somaliennes, appuyées par l'Ethiopie, se sont approchées mercredi de Mogadiscio après la prise d'un bastion islamiste stratégique.

Pour sa part, l'UA a appelé au retrait des troupes éthiopiennes de Somalie et à l'arrêt des combats.

A l'issue d'une réunion de «concertation» avec la Ligue arabe et l'Igad mercredi au siège de l'UA à Addis Abeba, le président de la Commission de l'UA (Union africaine) Alpha Oumar Konaré a appelé «au retrait des troupes éthiopiennes sans délai».

Il a exhorté «toutes les parties à cesser les hostilités et à reprendre le dialogue qui a commencé à Khartoum sous l'égide de la Ligue arabe, de l'UA et de l'IGAD» (Autorité intergouvernementale de développement, sept pays d'Afrique de l'Est).

Enfin, M. Konaré a appelé à l'application de la résolution 1725 du Conseil de sécurité de l'ONU, adoptée le 6 décembre, et qui autorise la création par les pays africains d'une force de paix en Somalie.

Confirmant leur avancée face aux combattants des tribunaux islamiques, les forces gouvernementales appuyées par l'armée éthiopienne se trouvaient mercredi, selon le gouvernement, à seulement 60 km au nord de Mogadiscio et étaient sur le point de prendre la localité de Balad.

«Retrait tactique»

De son côté, l'ambassadeur de Somalie à Addis Abeba, Abdelkarin Farah, a affirmé que les forces gouvernementales et éthiopiennes avaient l'intention de prendre Mogadiscio «de façon pacifique», soutenant que les islamistes «fuyaient la ville».

Un commandant islamiste a indiqué pour sa part que des combats violents se déroulaient dans la localité de Leggo (120 km à l'ouest de Mogadiscio). Plus tôt dans la journée, les forces loyalistes avaient pris Jowhar, ville stratégique et bastion islamiste, à 90 km au nord de Mogadiscio contrôlée par les islamistes.

Mardi, le premier ministre éthiopien Meles Zenawi avait précisé que les forces éthiopiennes et gouvernementales «ne visaient pas» Mogadiscio. Il avait asséné qu'elles avaient «brisé les forces terroristes internationales dans les environs de Baïdoa», siège des institutions somaliennes et objectif proclamé des islamistes, et avançaient sur tous les fronts.

De leur côté, les islamistes ont évoqué «un retrait tactique» après les raids aériens éthiopiens. Face à l'escalade du conflit dans ce pays de la Corne de l'Afrique ravagé par quinze ans de guerre civile, les appels à la cessation des hostilités se sont poursuivis.

Soutien américain

Réuni mardi pour examiner la situation en Somalie, le Conseil de sécurité de l'ONU n'a cependant pas trouvé d'accord sur un texte demandant le retrait des forces étrangères, notamment éthiopiennes.

Djibouti, frontalier de la Somalie et de l'Ethiopie, a lui réclamé «le retrait des forces éthiopiennes de Somalie». Le gouvernement kényan, qui craint l'arrivée massive sur son territoire de nouveaux réfugiés, a demandé à l'Ethiopie de cesser ses opérations militaires en Somalie et affirmé qu'il tentait d'organiser une réunion régionale d'urgence.

L'Organisation de la conférence islamique (OCI) a exigé mardi un retrait «immédiat» des troupes éthiopiennes. Washington, allié de l'Ethiopie dans la région, a pour sa part apporté son soutien à l'attaque éthiopienne contre les milices islamistes, tout en demandant à Addis Abeba de faire preuve d'une «retenue maximum».

En 1993, les forces américaines appuyées par des hélicoptères Black Hawk avaient subi une humiliante défaite dans la capitale, alors aux mains de milices parfaitement à l'aise dans le dédale de ruelles de la ville.

(ats)

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